Voyage à Saint-Sébastien : pintxos, plage de la Concha et Pays basque espagnol

On pose le verre de txakoli sur le comptoir. Devant nous : six pintxos différents, trois euros pièce, et un barman qui refait le plein du comptoir sans même lever les yeux. C’est 13h un mardi, le bar est plein, tout le monde parle basque et espagnol en même temps.

Saint-Sébastien. Deux heures de route depuis Biarritz. On n’en revient pas de ne pas y être allé plus tôt.

Pourquoi Saint-Sébastien est une ville à part

Donostia — c’est son nom basque, le vrai — est la ville la plus étoilée au monde par habitant. Avec une dizaine de restaurants Michelin pour 180 000 habitants, la gastronomie n’est pas un argument marketing ici : c’est une façon d’être. Chaque bar à pintxos de la vieille ville rivalise de créativité, du plus simple (une tranche de pain avec une anchois et une olive) au plus élaboré (une bouchée de foie gras avec réduction de porto).

Mais Saint-Sébastien, ce n’est pas seulement la nourriture. C’est une ville balnéaire à l’architecture Belle Époque, construite autour d’une baie en forme de coquillage — la plage de la Concha — avec en arrière-plan des montagnes vertes qui plongent dans l’Atlantique. Une ville qui joue dans une autre catégorie.

Le rituel des pintxos : comment s’y prendre

Le pintxo-poteo, c’est la tradition qui consiste à faire la tournée des bars en mangeant un ou deux pintxos à chaque arrêt. Quelques règles non-écrites à connaître :

  • On tourne entre 4 et 5 bars. On ne reste pas deux heures au même endroit. On mange, on boit un verre (bière, txakoli ou cidre), et on passe au suivant.
  • Les pintxos froids sont sur le comptoir, à se servir soi-même. Les pintxos chauds (croquettes, chipirons à la plancha) se commandent au barman.
  • On mémorise ce qu’on prend. L’addition se règle sur l’honneur à la fin — le barman vous demandera ce que vous avez consommé. Pas de panique, ça se passe toujours bien.
  • Le prix moyen : 2,50 à 4 € par pintxo selon la complexité. Un verre de bière ou de vin : 1,50 à 2,50 €. On peut bien manger pour 15 à 20 € par personne.

La zone à explorer : les rues Fermín Calbetón et Calle Mayor dans la Parte Vieja (la vieille ville). C’est là que se concentrent les bars les plus réputés. Le Ganbara pour les champignons poêlés, le Txepetxa pour les anchois, le Goiz-Argi pour les brochettes. Chaque bar a son pintxo vedette.

La plage de la Concha : l’une des plus belles plages urbaines d’Europe

En été, c’est bondé — mais cette baie en forme de coquillage, encadrée par les monts Urgull et Igueldo, reste l’une des plus belles plages urbaines du continent. En dehors de la haute saison, on peut s’y promener presque seul.

La promenade qui longe la Concha est une des plus agréables qu’on connaisse : 4 kilomètres de front de mer avec vue directe sur l’île de Santa Clara au milieu de la baie. Un café avec terrasse sur cette promenade en fin d’après-midi, c’est la définition du moment parfait.

Monter sur le mont Igueldo

Accessible par funiculaire depuis l’extrémité ouest de la plage de la Concha, le mont Igueldo offre le meilleur panorama sur la baie. Au sommet, un vieux parc d’attractions des années 1900 qui fonctionne encore — kitsch, attachant, très photographié.

Le funiculaire tourne depuis 1912. Il monte en 3 minutes. La vue en haut, par beau temps, c’est la Concha vue depuis les airs, les montagnes basques derrière, l’Atlantique devant.

Sortir de la vieille ville : le quartier de Gros

Juste de l’autre côté de la rivière Urumea, Gros est le quartier résidentiel et jeune de Saint-Sébastien. Moins touristique, plus quotidien. Les bars à pintxos y sont aussi bons qu’en vieille ville, avec moins de monde et des prix souvent un peu plus doux. La plage de Zurriola, dans Gros, est la plage des surfeurs — moins abritée que la Concha, exposée au vent et aux vagues.

Conseils pratiques pour Saint-Sébastien

  • Y aller hors juillet-août. La ville est magnifique toute l’année. Le printemps (mai-juin) et l’automne (septembre-octobre) sont idéaux — la plage est accessible, les bars sont pleins mais pas saturés.
  • Depuis la France : Biarritz est à 45 km. Bus réguliers depuis Biarritz et Bayonne, moins de 10 € l’aller. La frontière franco-espagnole ne se remarque même plus.
  • Se déplacer à pied. La vieille ville, le front de mer et le mont Urgull se font entièrement à pied. C’est une ville à taille humaine.
  • Ne pas réserver un restaurant étoilé sans anticiper. Pour les tables Michelin, les réservations se font des semaines voire des mois à l’avance. Si c’est un objectif, bloquer les dates dès que possible.

FAQ sur Saint-Sébastien

Combien de jours faut-il pour visiter Saint-Sébastien ?

Deux jours suffisent pour l’essentiel : vieille ville, pintxos, plage de la Concha, mont Igueldo. Trois jours permettent de s’accorder le rythme local — se lever tard, déjeuner long, promenade du soir.

Parle-t-on français à Saint-Sébastien ?

Peu. L’espagnol est indispensable pour les échanges dans les bars. Le basque est la langue co-officielle — on l’entend partout. Quelques mots en espagnol suffisent pour naviguer sans problème.

Saint-Sébastien fait partie des villes dont on rentre en ayant l’impression d’avoir compris quelque chose d’important sur la façon de vivre. Pas sûr de savoir l’expliquer. Mais on y retourne.

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