2 jours sur les plus hautes montagnes du Massif Central…

4H30 du mat’ samedi matin, c’est le départ. Les gros sacs et la tente sont fourrés dans le coffre. Cap pour le massif central à la station du Mont Dore . 5h de route pour : de l’air pur, un dénivelé cumulé de folie, du fromage, des vaches et des points de vue à tomber le cul par terre… bref on se casse 2 jours loin de Paris !

Informations pratiques

⏰ 2 jours
🏁Station du Mont Dore
J1 20Km / J2 15Km
📈 Compter 1500M le premier jour
📉 Le deuxième jour minimum 1000m pour redescendre au village
✅ IGN 2432ET
GPS bivouac
🚩 Station du Mont Dore – Val de Courre – Puy Redon- Pas de l’ ne – Puy de Sancy – GR4 – Puy de Cacadogne – Col de la Cabane – Col de Cuzeau – Col de la Croix Saint Robert – Puy de l’Angle – Puy Barbier – Puy de Monne – Puy de la tâche – Col de la croix Morand – bivouac – lac de Guery – Puy Gros – village du Mont Dore- Station du mont Dore

L’ascension du puy de Sancy

La route sinueuse, serpente entre les montagnes jusqu’au village du Mont Dore. On s’arrête à la petite station de ski, on hisse le paquetage sur le dos, l’aventure commence.

Pour le petit déjeuner au lieu du café ce sera 800m de dénivelé positif, bon appétit !

Nous suivons le ruisseau encastré dans la vallée, ça grimpe sec jusqu’au Mont Dore.

Par des sentiers étroits, surplombant notre point de départ, nous nous hissons plus haut grâce à des chaînes encastrées dans la roche rendue glissante par les chaussures boueuses des randonneurs qui nous précèdent.

Il ne faut pas avoir le vertige !

Nous arrivons au sommet ( 1886M) qui nous offre une vue à 360° sur la région des volcans d’Auvergne.

un aventurier marche dans le val de coure
un aventurier regarde la chaine des puy

Steppe infinie à la couleur dorée, quelques remontées mécaniques ici et là, le petit village du Mont Dore 1200m en dessous de nous, des lacs qui brillent avec la lumière du matin et … une chaîne de montagnes dodues qui se dresse devant nos yeux…

On fait une halte sur le bord d’un petit plateau pour manger un morceau.

Nous apprécions le temps qui passe, la brise qui caresse notre peau, le silence… tout en regardant cet océan de verdure qui coule en bas de ces montagnes.

l'herbe de la steppe coure dans la massif central
un aventurier descend le puy de sancy

Montagnes russes sur la chaîne des puy

Le soleil poursuit sa route dans le ciel, il est temps de repartir…

Cette chaîne prend rapidement des allures de montagnes russes aux noms parfois exotiques : Roc de Cuzeau, Tête de Flon, Puy de Barbier

Nos genoux sont embarqués dans un drôle de manège, on monte de 800 mètres pour descendre de 400 mètres puis on remonte de 500 pour redescendre de 600 etc.

Ils encaissent, on serre les dents, on avance tant bien que mal, mais c’est difficile, on n’a pas l’habitude d’arpenter les reliefs depuis la capitale !

Nous sommes plus que deux silhouettes à parcourir les crêtes, balayées par les vents frais de l’automne.

Des nuages font leur apparition, projetant leurs ombres sur les forêts et lacs environnant.

En quelques secondes, le paysage autour de nous change, la palette de couleurs qui s’offre à nos yeux se densifie….

un aventurier se tient au roc de cuzeau

La journée s’étiole, et ce chemin qui ne fait que monter et descendre à n’en plus finir, nous épuise.

Notre étape du jour, un grand lac bordé d’une forêt de pins se dresse à l’horizon. Malheureusement il ressemble encore à une tête d’épingle à nos yeux…

Un Auvergnat rencontré près d’une bergerie battue par les vents ne nous rassure pas sur la distance qui reste à parcourir : au moins 3h de marche.

La mine abattue, une dernière descente a raison de nous et de nos genoux… pris d’un fou rire on s’assoit dans la boue quelques instants pour arriver à la même conclusion : ras le cul !

Tant pis pour le lac, la décision est prise, on va planter le bivouac le plus tôt possible !

un bivouac bien merite

En bas du col on bifurque vers un petit bois d’épicéa, qui débouche sur une petite prairie à l’ombre des montagnes où serpente un petit ruisseau.

L'heure du bivouac non loin du lac de Guery

Ni une ni deux, on dresse le camp.

Le rhum banane est versé dans les godets, le saucisson et le fromage sont coupés en tranches généreuses sur la roche.

Les verres s’entrechoquent, trinquant à cette première journée. Les derniers rayons du soleil nous réchauffent la peau.

Peu à peu l’heure bleue laisse apparaître les premières étoiles. Le froid de la nuit augmente, le niveau de la bouteille baisse. Nous refaisons le monde, une étoile filante passe

Marche avec la brume

L’aube nous tire de notre tente mais pas de notre gueule de bois. Le ciel est gris, des filets de brumes épaississent le paysage. Un petit déjeuner rapidement avalé, nous nous remettons en route.

Le poids du sac se fait sentir, les genoux grincent, le pas devient plus lourd.

Nous suivons le ruisseau de l’Enfer jusqu’au lac de Guery où un voile matinal le cache à nos regards. Puis nous empruntons un chemin de chasse, les chiens hurlent à la mort, les chasseurs en pleine battue nous lancent des regards méfiants.

Nous nous éloignons de ce tumulte dominical pour arriver sur un large plateau, repère des vaches auvergnates.

Après un escabeau, nous nous enfonçons dans le brouillard.

Un aventurier s'avance dans la brume du sancy
une maison de berger se tient dans la brume

Des gouttelettes perlent sur notre visage.

Les sommets environnants jouent à cache-cache avec le vent et les nuages.

Les cloches des troupeaux tintent nos oreilles, les mères nous observent, prêtes à nous charger pour protéger leurs petits au poil cotonneux.

On se croit dans Viking, on s’attend presque à voir Ragnar surgir de la brume épaisse…

des vaches dans la brume

Puis nous amorçons la descente… qui doit nous mener 1000 mètres plus bas au village du Mont Dore.

Traînant la patte, nous atteignons notre voiture quelques kilomètres plus loin, ainsi finit notre aventure…

Cette petite escapade m’a bien servi de leçon, je ne me suis pas vraiment entraîné et j’ai eu les genoux en compote pendant 3 mois ! Alors si tu veux un bon conseil, avale le maximum de dénivelé autour de chez si tu n’habites pas en montagne, tu éviteras de souffrir inutilement !