Soixante kilomètres de long, vingt-cinq de large, et quelque chose d’indéfinissable dans l’air. Lanzarote n’est pas une île comme les autres. Classée réserve de biosphère par l’UNESCO, cette perle des Canaries posée à une centaine de kilomètres des côtes marocaines abrite environ 300 volcans qui ont sculpté des paysages d’une étrangeté saisissante. Des champs de lave noire à perte de vue, des cratères rougeâtres, des plages de sable noir… et puis, au détour d’une route, une vigne qui pousse dans un trou creusé dans la cendre.
Ce qui rend l’île si particulière, c’est aussi l’empreinte de César Manrique, artiste natif de Lanzarote qui a consacré sa vie à protéger et sublimer son île. Ses créations architecturales se fondent dans le paysage volcanique avec une cohérence troublante. Pas de grands immeubles, pas de panneaux publicitaires : l’authenticité est préservée presque partout.
Pour visiter tout ça sans contrainte, la location d’une voiture reste indispensable. Le réseau de bus ne dessert pas toutes les attractions. Voici les dix indispensables de l’île, et bien plus encore.
Analyser le parc national de Timanfaya
Monter à bord du bus pour traverser les Montañas del Fuego
Le parc national de Timanfaya est l’endroit qui justifie à lui seul le voyage. Créé en 1974, il s’étend sur 51 kilomètres carrés et résulte d’éruptions volcaniques colossales survenues entre 1730 et 1736. Ces éruptions ont ravagé environ 200 kilomètres carrés et détruit une cinquantaine de villages sous des coulées de lave. Un tiers de l’île disparaissait ainsi sous la roche en fusion.
Le parc abrite 110 volcans regroupés sous l’appellation Montañas del Fuego. La visite se fait uniquement en bus guidé, sur une route de 14 kilomètres avec plusieurs arrêts. Pas d’accès libre à pied : c’est une règle stricte pour protéger ces paysages volcaniques fragiles et préserver leur caractère lunaire intact.
Tarif d’entrée : 20 euros en 2026. Le parc ouvre de 9h à 17h45 en été, et de 9h45 à 16h45 en hiver. Conseil pratique : évitez le dimanche, quand les grands groupes touristiques envahissent les parking. Le reste de la semaine, on circule beaucoup plus tranquillement.
Assister aux démonstrations géothermiques
Sur place, les rangers du parc réalisent des démonstrations de géothermie qui laissent sans voix. Des broussailles sèches jetées dans une fissure s’enflamment en quelques secondes. De l’eau versée dans un trou en ressort sous forme de geyser bouillonnant. À quelques centimètres sous la surface, la chaleur reste intense, témoin direct d’une activité volcanique toujours présente.
Le restaurant El Diablo, conçu par César Manrique juste à l’entrée du parc, cuit ses aliments grâce à l’énergie géothermique volcanique. Un grill posé au-dessus d’une fissure naturelle, c’est tout. C’est aussi une expérience en soi, même si on ne mange pas : regarder fonctionner cette cuisine volcanique donne la pleine mesure de ce que représente Timanfaya.
Découvrir les tunnels volcaniques : Cueva de los Verdes et Jameos del Agua
Plonger dans la Cueva de los Verdes
Formée il y a environ 3000 ans par l’éruption du volcan La Corona, la Cueva de los Verdes est l’un des plus grands tunnels de lave au monde. Elle s’étend sur plus de 8 kilomètres, dont seule une portion est ouverte aux visiteurs. Ce tunnel souterrain servait autrefois de refuge aux habitants qui fuyaient les attaques de pirates venus piller les côtes de l’île.
Les visites guidées durent 45 minutes et se font en groupes d’environ 50 personnes. Le parcours révèle des formations géologiques spectaculaires : couleurs ocres, noires et dorées sur les parois, jeux de lumière dans les galeries, hauteurs de voûte variables qui créent une atmosphère presque théâtrale. L’entrée se situe à Las Palmas et le site accueille les visiteurs de 9h30 à 16h15 chaque jour.
On vous conseille de ne pas lire trop d’informations avant d’y aller. La surprise finale, que les guides gardent jalousement pour la fin du circuit, mérite d’être vécue sans préparation.
Étudier les Jameos del Agua
Quelques kilomètres plus loin dans le même réseau de tunnels de lave, les Jameos del Agua constituent une expérience radicalement différente. César Manrique y a aménagé un site culturel complet dans les entrailles du volcan : auditorium souterrain aux acoustiques remarquables, salle de concert, restaurant, et surtout un lac intérieur d’une beauté stupéfiante.
Ce lac abrite une population de petits crabes albinos aveugles, espèce endémique qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde. Ces créatures translucides ont évolué dans l’obscurité absolue depuis des millénaires. L’architecture épouse parfaitement la roche naturelle, sans jamais la forcer. C’est cette philosophie que Manrique a défendue toute sa vie : sublimer l’existant plutôt que l’effacer.
Tarif d’entrée : 20 euros. Le site est ouvert de 10h à 18h, et comptez entre une et deux heures pour en profiter pleinement sans vous presser.
Se ressourcer dans les villages authentiques de l’île
Se perdre dans les ruelles de Teguise
Teguise a été la capitale de Lanzarote jusqu’en 1847. Elle figure parmi les premières colonies établies aux Canaries et conserve un centre historique d’une grande cohérence architecturale. Ses rues pavées mènent à la Casa del Marqués de Herrera y Rojas, à l’Hôtel de ville, au couvent de San Francisco… autant de témoins d’une histoire insulaire longue et mouvementée.
Perché au bord d’un cratère volcanique, le château de Santa Bárbara date du XIVe siècle. On l’a reconverti en musée des pirates, ce qui lui donne une seconde vie bien méritée. Le marché dominical anime chaque semaine les ruelles de Teguise avec de l’artisanat local, des produits régionaux et une atmosphère de village qui contraste avec les stations balnéaires du littoral. À ne pas manquer si vous êtes là un dimanche matin.
Flâner à Haria, la vallée des mille palmiers
Depuis les routes qui descendent vers le nord, la vallée de Haria apparaît comme une hallucination. Des centaines de palmiers forment une oasis verdoyante au milieu des montagnes volcaniques arides. Ce contraste surprend chaque fois, même quand on s’y attend.
Les ruelles tranquilles du village invitent à ralentir. On s’arrête sur la place centrale, on prend un café, et si l’heure s’y prête, on déjeune en terrasse au restaurant Puerta Verde pour profiter du cadre. C’est ce genre d’escale qui convertit un circuit touristique en vrai voyage. Haria constitue aussi un remarquable point de départ vers Los Valles et les routes panoramiques du nord.
Partir à la découverte de l’île de La Graciosa
Traverser depuis Orzola en ferry
Depuis le village de pêcheurs d’Orzola, au nord de l’île, un ferry rallie La Graciosa en environ 30 minutes. La compagnie Biosferra Express propose des traversées régulières. L’île, seule île habitée de l’archipel Chinijo, compte environ 700 habitants répartis entre Caleta de Sebo et Pedro Barba. Aucune route goudronnée, pas de voitures de touristes : juste du sable, du vent et des plages qui n’ont pas encore cédé à la masse.
Quelques conseils qui changent tout pour cette excursion :
- Arrivez avant les bateaux touristiques pour profiter de la tranquillité matinale
- Prévoyez de l’eau et des provisions, les commerces sont rares
- Louez un vélo électrique ou réservez un taxi 4×4 (environ 10 euros par personne aller-retour)
- Anticipez les forts courants marins avant de vous baigner
- Protégez-vous du soleil, qui tape ici plus fort qu’ailleurs
L’île fait partie du Parc Naturel de l’Archipel Chinijo et bénéficie d’une protection stricte qui préserve son caractère immaculé.
Gravir la Montana Amarilla et se baigner sur des plages vierges
Les plages de La Graciosa forment un catalogue de rêve : Playa de Las Conchas, Playa Francesa, Playa Lambra, Playa Cocina… toutes préservées, toutes accessibles à pied ou à vélo. La Playa de Las Conchas mérite particulièrement le déplacement, avec son sable blanc et ses eaux claires, même si les courants y sont parfois traîtres.
La Montana Amarilla, volcan de l’île, se gravit en 15 minutes à peine pour un panorama qui embrasse toute La Graciosa et les îles de l’archipel. Le restaurant Enriqueta, au village, propose une cuisine familiale généreuse. Sur réservation, on peut même commander des paellas à emporter pour un pique-nique sur la plage. C’est le genre de détail qu’on ne trouve dans aucun guide et qui rend un voyage mémorable.
S’immerger dans l’héritage artistique de César Manrique
Visiter la Fondation César Manrique à Tahiche
César Manrique est né à Lanzarote en 1919. Peintre, sculpteur, architecte, militant écologique avant l’heure : il a consacré sa vie à protéger son île des dérives du tourisme de masse. Sa philosophie tenait en une conviction : tout ce que l’être humain construit doit sublimer ce qui existe, jamais l’écraser.
La Fondation César Manrique, à Tahiche, était son ancienne résidence. Elle a été construite au cœur d’une coulée de lave, intégrant cinq bulles volcaniques naturelles reliées entre elles comme des pièces à vivre. La nature s’invite littéralement à l’intérieur du bâtiment. Le site promeut aujourd’hui la réflexion sur son patrimoine culturel et la protection des valeurs environnementales de Lanzarote. Tarif : 10 euros. Horaires de 10h à 17h30.
Dénicher le musée Lagomar et le Jardin de Cactus
Le musée Lagomar, à Nazaret, est une propriété imaginée par César Manrique et son collaborateur Jésus Soto, construite en suivant les courbes naturelles d’une carrière de pierre volcanique. Des espaces arrondis, des jardins magnifiques, deux piscines… et une anecdote qui vaut le détour : la légende raconte qu’Omar Sharif, l’acteur égyptien internationalement connu, aurait brièvement possédé le lieu après l’avoir perdu au jeu de bridge. Tarif : 8 euros. On vous conseille d’y arriver à l’ouverture pour profiter du calme avant les groupes.
Le Jardin de Cactus, près de Guatiza, a ouvert ses portes en 1990 dans une ancienne carrière volcanique. Il rassemble plus de 4500 spécimens de cactus originaires des Amériques, d’Afrique et d’Asie, autour d’un moulin à vent restauré. Un sentier aménagé sur des terrasses en pierre permet de découvrir cette collection botanique hors normes. Tarif : 8 euros, ouvert généralement de 10h à 17h.
Longer la côte sud-ouest : El Golfo, Los Hervideros et les salines de Janubio
Admirer le lac émeraude d’El Golfo
Le village de pêcheurs d’El Golfo abrite l’une des curiosités naturelles les plus photographiées de Lanzarote : le Charco de los Clicos. Ce lac de cratère volcanique aux eaux d’un vert émeraude intense doit sa couleur à des algues riches en minéraux et à la présence de soufre. L’observation se fait depuis un point de vue aménagé à quelques pas du village. Le site est protégé, on ne descend pas sur la plage de sable noir qui le borde.
El Golfo est accessible gratuitement 24h/24, toute l’année. C’est un arrêt rapide mais marquant. Juste à côté, plusieurs restaurants de front de mer proposent du poisson frais dans des cadres très différents. Le Costa Azul joue la carte chic, tandis que le Bogavante mise sur des petites tables de bistrot face à l’eau. À vous de choisir selon l’humeur.
Ressentir la puissance de Los Hervideros et le calme des salines de Janubio
À quelques kilomètres d’El Golfo sur la route côtière, Los Hervideros offrent un spectacle que la nature met en scène elle-même. Les vagues s’engouffrent dans des failles et des grottes creusées par les coulées de lave du XVIIIe siècle, créant un vacarme sourd et des projections d’écume par temps agité. Par mer forte, c’est impressionnant. L’accès est gratuit et immédiat depuis la route.
Juste après, les salines de Janubio produisent du sel depuis le XIXe siècle selon des méthodes traditionnelles à la main. Leurs teintes blanches, roses et ocres contrastent avec le bleu de l’Atlantique de façon surtout photogénique au coucher du soleil. L’accès est libre 24h/24. On peut aussi observer la Playa de Janubio toute proche, reconnaissable à son sable sombre volcanique très particulier.
Randonner au cœur des volcans
Escalader la Montana Colorada et le volcan El Cuervo
Les randonnées autour des volcans de l’intérieur constituent une alternative formidable au parc national de Timanfaya, plus accessible et en accès libre. La Montana Colorada, proche de la route LZ-56, surprend par sa couleur rougeâtre qui s’intensifie au coucher du soleil. Un sentier balisé de quelques kilomètres permet de découvrir notamment une bombe volcanique fossilisée géante. L’accès est libre toute l’année.
Face à elle, le volcan El Cuervo propose une randonnée de deux heures aller-retour en pleine mer de lave solidifiée. On marche jusqu’à la base du cratère, et une ouverture dans la roche permet même d’entrer à l’intérieur. Les arbustes qui poussent sur les pentes noires créent un contraste saisissant avec l’aridité des paysages volcaniques alentour. Au loin, on aperçoit les Montañas del Fuego du parc national.
Relever le défi de la Caldera Blanca
La Caldera Blanca est un des plus le plus grands cratère de Lanzarote, avec 1200 mètres de diamètre. La randonnée pour y accéder depuis le parking gratuit près de Mancha Blanca dure entre 3 et 4 heures aller-retour. On traverse d’abord un gigantesque champ de lave avant de rejoindre la Caldereta et les pentes abruptes du volcan. C’est physique. C’est magnifique.
Pour ceux qui préfèrent quelque chose de plus court, la Montana Negra, face au volcan El Cuervo de l’autre côté de la route LZ-56, se gravit en 30 minutes et offre une vue panoramique sur la Montana Colorada, El Cuervo et les champs de lave environnants. Une option idéale pour marier les deux en une demi-journée.
- Montana Colorada : accès libre, sentier balisé, vue magnifique au coucher du soleil
- Volcan El Cuervo : 2h aller-retour, entrée dans le cratère possible
- Montana Negra : 30 minutes d’ascension, panorama sur les champs de lave
- Caldera Blanca : 3 à 4 heures, extrêmement le plus grand cratère de l’île, parking gratuit à Mancha Blanca
Se baigner sur les plus belles plages de Lanzarote
La plage de Papagayo et ses criques turquoise
La plage de Papagayo, au sud de l’île dans le Monumento Natural de Los Ajaches, est celle qu’on voit dans toutes les brochures. Et pour une fois, la réalité est à la hauteur. L’eau est turquoise, protégée par de hautes falaises dorées qui coupent le vent. On y accède via une piste payante d’environ 3 euros par véhicule, tarif qui devient gratuit en fin de journée.
Pour profiter de la plage tranquillement, arrivez tôt le matin. Dès 10h en haute saison, les parkings se remplissent vite. Le snorkeling dans l’eau claire révèle une faune sous-marine variée. On peut aussi chercher à pied les criques voisines, moins fréquentées, le long du sentier qui longe les falaises.
La plage de Famara et ses vagues de surfeurs
Tout à l’opposé de l’ambiance protégée de Papagayo, la plage de Famara s’étend sur plusieurs kilomètres de sable doré sous les imposantes falaises du Risco de Famara. Elle fait partie du Parc Naturel de l’Archipel Chinijo et attire les surfeurs grâce à ses vents réguliers et ses vagues puissantes. Le surf y est roi.
À Caleta de Famara, petit village de pêcheurs aux ruelles recouvertes de sable, plusieurs écoles proposent cours et location de planches pour tous niveaux. Un mirador surplombe la baie de façon spectaculaire. À deux minutes en voiture, l’Ermitage de Las Nieves, petite église blanche, offre un belvédère calme sur l’ensemble de la côte nord-ouest. C’est l’une des vues les plus discrètes et les plus belles de l’île.

Goûter aux vins volcaniques de La Geria
Comprendre le système de culture unique au monde
La Geria ne ressemble à aucune autre région viticole. Les vignes y poussent dans des cratères creusés à la main dans la cendre volcanique, protégées par des murets en pierre circulaires appelés zocos. Ces structures captent l’humidité nocturne et protègent les pieds de vigne du vent constant. Un système ancestral qui remonte au XVIIIe siècle, développé après les grandes éruptions volcaniques qui avaient tout recouvert de lapilli.
Les cépages Malvasía et Listán Negro prospèrent dans ce terroir unique. La route des vins LZ-30 serpente de Mozaga à Yaiza à travers ce paysage agricole poétique, entre les cônes noirs et les vignes basses. C’est l’une des routes les plus belles de l’île, à faire de préférence en fin d’après-midi quand la lumière joue sur les cratères.
Visiter les bodegas et déguster les vins locaux
Les bodegas El Grifo, Rubicón et Vega de Yuco sont les adresses de référence pour déguster les vins de Lanzarote. El Grifo revendique le titre de plus ancienne bodega des Canaries encore en activité. Une visite de cave permet de comprendre les coulisses de cette viticulture si particulière, entre tradition et adaptation à des conditions climatiques extrêmes.
Le Malvasía de Lanzarote jouit d’une réputation croissante à l’export. Un verre de ce vin blanc sec et minéral, bu face aux volcans, résume assez bien ce que l’île a de singulier. L’expérience dépasse la dégustation : c’est une immersion dans l’héritage culturel et agricole de l’île entière.
Pratiquer les activités nautiques
Plonger dans le premier musée sous-marin d’Europe
La plongée sous-marine à Lanzarote atteint son summum avec le Museo Atlántico, premier musée sous-marin d’Europe, accessible depuis Puerto del Carmen. Des sculptures monumentales déposées sur les fonds marins créent un récif artificiel habité par une faune variée. La visibilité optimale s’étend d’avril à novembre, mais le site se visite toute l’année.
Pour ceux qui préfèrent rester en surface, le snorkeling, le kayak et la plongée avec tuba offrent des alternatives accessibles à tous niveaux. Les piscines naturelles de Punta Mujeres, bassins creusés dans le basalte en bordure d’océan, constituent une option familiale parfaite. Et à Los Charcones (coordonnées GPS : latitude 28,89 / longitude 13,86), des piscines naturelles accessibles via une piste depuis un hôtel abandonné séduisent les explorateurs, même si le site n’est pas adapté aux enfants de moins de 5 ans.
Les consignes environnementales locales méritent d’être respectées scrupuleusement :
- Ne pas toucher la faune marine ni les coraux
- Respecter les zones protégées sous-marines
- Ne pas ramener de coquillages ni de roches du fond
- Utiliser des crèmes solaires biodégradables
Observer les dauphins et naviguer en catamaran
Depuis Puerto del Carmen ou Puerto Calero, des sorties d’observation de dauphins sauvages partent presque quotidiennement. Les sorties matinales sont les plus calmes et offrent souvent de meilleures rencontres. Les excursions en bateau ou en catamaran permettent aussi de découvrir les falaises et le littoral depuis la mer, perspective radicalement différente de la route.
Le parapente se pratique à Famara et à La Asomada, avec des instructeurs certifiés proposant baptêmes et vols tous niveaux. Le climat ensoleillé et les vents constants permettent la commode toute l’année, avec des conditions optimales en hiver. C’est l’une des expériences les plus insolites de l’île : voir Lanzarote depuis les airs, entre mer et volcans.
Profiter du panorama depuis les miradors de l’île
Le Mirador del Rio, joyau de César Manrique
Aménagé par César Manrique dans les années 1970, le Mirador del Rio s’accroche à la falaise de Famara à 475 mètres d’altitude. De larges baies vitrées offrent un panorama sur l’archipel Chinijo et l’île de La Graciosa. L’architecture se fond dans la roche comme si elle avait toujours été là. C’est cette capacité à disparaître dans le paysage qui caractérise le génie de Manrique.
Tarif d’entrée : 8 euros. Horaires de 10h à 17h. Un café et une boutique de souvenirs complètent l’expérience. Pour les budgets serrés ou les curieux, la route LZ-202 longeant les falaises offre une alternative gratuite avec des vues comparables, mais attention : la route est très étroite, les croisements difficiles et le parking minuscule.
Le Mirador de Guinate, secret bien gardé
Moins connu que son voisin du Rio, le Mirador de Guinate offre pourtant une vue plongeante tout aussi saisissante sur l’archipel Chinijo et La Graciosa, depuis une zone verdoyante rare à Lanzarote. C’est aussi un spot de choix pour observer les oiseaux de la falaise, particulièrement au lever du soleil quand la lumière est dorée et les groupes absents.
Les routes panoramiques complètent idéalement ce tour des belvédères de l’île. La route de Orzola à Arrietta par le centre, passant par le volcan La Corona, traverse des paysages changeants. Celle de Haria à Ye reste l’une des plus spectaculaires du nord. Sans oublier la LZ-30, la route des vins traversant La Geria, à faire à n’importe quelle heure.
Visiter Arrecife, la capitale méconnue
Flâner autour du Charco de San Ginés
Arrecife est devenue la capitale de Lanzarote en 1852. Son nom évoque les récifs volcaniques qui bordent son littoral. La ville est souvent ignorée par les touristes qui filent directement vers les stations balnéaires, et c’est une erreur. Le Charco de San Ginés, lagon naturel entouré de maisons blanches et de restaurants locaux, constitue l’un des spots les plus photogéniques de l’île entière, surtout en début de soirée.
L’église de San Ginés, le parc José Ramírez Cerdá et la Calle Real avec ses boutiques et cafés locaux donnent à voir une ville qui vit pour elle-même, pas pour les touristes. La Playa del Reducto, plage urbaine paisible, permet même de se baigner à deux pas du centre. Comptez une demi-journée pour en profiter.
Examiner les châteaux et le musée d’art contemporain
Le Castillo de San Gabriel, forteresse du XVIe siècle, veille sur l’entrée du port. Juste à côté, le Castillo de San José a été transformé par César Manrique en musée international d’art contemporain. L’intérieur blanc immaculé tranche avec la roche volcanique brute des murs. Une belle illustration de la philosophie manriquienne appliquée au patrimoine bâti.
Le marché municipal d’Arrecife offre une immersion dans la vie quotidienne des habitants, loin de toute mise en scène touristique. C’est là qu’on comprend vraiment à quoi ressemble Lanzarote quand les touristes ne regardent pas.
Savourer la gastronomie locale
Les incontournables de la table canariote
Les papas arrugadas constituent la base de toute table canariote qui se respecte. Ces pommes de terre ridées cuites dans une eau très salée, accompagnées de mojo verde ou de mojo rojo, sont servies partout, des restaurants de plage aux tables plus élaborées. Les fromages de chèvre locaux, les poissons frais pêchés le matin même, les couteaux (coquillages locaux) grillés sur braise : la cuisine de l’île est simple, directe et ancrée dans son environnement marin et volcanique.
À La Graciosa, le restaurant Enriqueta propose une cuisine familiale généreuse. Sur réservation, on peut commander des paellas à emporter pour un pique-nique sur la plage. Dans les villages de pêcheurs comme Arrieta ou Punta Mujeres, les petits restaurants de front de mer présentent des produits de la mer d’une fraîcheur irréprochable, souvent à des prix très raisonnables. C’est là qu’on mange le mieux, souvent par hasard.
Où manger à Lanzarote : quelques adresses
À El Golfo, le restaurant Costa Azul propose du poisson dans une ambiance soignée face à l’océan. Pour quelque chose de plus décontracté, le Bogavante mise sur de petites tables de bistrot en bord de mer, idéales pour un déjeuner entre deux sites volcaniques. À Haria, le restaurant Puerta Verde offre une terrasse agréable au milieu de la vallée des palmiers, dans un cadre verdoyant qui tranche avec les paysages arides du reste de l’île.
La cuisine locale reflète l’identité volcanique de Lanzarote à travers ses produits : vins de La Geria issus d’un terroir unique, légumes cultivés dans la cendre volcanique, poissons et fruits de mer pêchés localement. Les vins produits par les bodegas de la région viticole, notamment le Malvasía, accompagnent naturellement ces repas avec une minéralité reconnaissable. La gastronomie fait partie intégrante de la découverte culturelle de l’île, au même titre que les paysages volcaniques ou l’architecture de Manrique.
Voici les spécialités à absolument tester lors de votre séjour :
- Les papas arrugadas avec mojo verde ou mojo rojo
- Les fromages de chèvre locaux, souvent servis grillés avec du miel
- Les couteaux (coquillages) à la plancha dans les villages côtiers
- Le Malvasía de La Geria, vin blanc minéral et sec
- Les paellas traditionnelles à commander sur réservation
Conseils pratiques pour préparer son voyage à Lanzarote
Quand partir et comment se déplacer à Lanzarote ?
Le climat de Lanzarote est l’un des atouts majeurs de l’île. Les températures oscillent entre 20 et 25 degrés toute l’année, sans vraie saison froide ni canicule estivale. Le vent, en revanche, est omniprésent et peut surprendre les premiers jours. Prévoyez toujours une couche supplémentaire pour les miradors et les randonnées en altitude.
Le printemps et l’automne restent les meilleures périodes pour visiter l’île : moins de monde, températures modérées, lumière magnifique. Les périodes de Toussaint et de Pâques sont particulièrement appréciées. Si vous visitez en juillet 2026, notez que les Fiestas del Carmen de La Villa de Teguise se déroulent du 3 au 19 juillet, avec procession de la Virgen del Carmen dans les ruelles historiques. Le 16 juillet, les Fiestas del Carmen de Playa Blanca et de La Graciosa animent simultanément les deux côtes. Et les 24 et 25 juillet 2026, le Lava Live Festival rassemble les amateurs de concerts dans un cadre volcanique exclusif.
Pour se déplacer, la location de voiture est indispensable. Le réseau de bus local dessert quelques grandes villes mais laisse de côté la majorité des sites naturels et des villages. Comptez environ 140 euros pour une semaine en réservant deux mois à l’avance via des comparateurs spécialisés. Une précision significative : les agences de location ne couvrent généralement pas les accidents survenus sur les pistes non revêtues. Vérifiez votre contrat avant de vous aventurer vers Papagayo ou Los Charcones.
Combien de temps prévoir et où dormir à Lanzarote ?
Une semaine minimum permet de voir les principales attractions sans se précipiter. Pour un road trip complet avec surf et excursion à La Graciosa, prévoyez 10 à 15 jours. Pour 10 jours bien organisés, un découpage efficace fonctionne ainsi : 4 nuits au nord autour de Teguise, 3 nuits à La Graciosa, puis 2 à 3 nuits au sud à Yaiza ou El Golfo.
Les hébergements couvrent tous les budgets et tous les styles :
- Petit budget : Sunset House (45 euros la nuit), Hostal Residencia Cardona à Arrecife (75 euros la nuit)
- Milieu de gamme : B&B Hotelito el Campo à Yaiza (70 euros la nuit), Hotel Boutique Palacio Ico à Teguise
- Éco et alternatif : Finca De Arrieta Village, un écovillage avec yourtes, villas, cottages et cabines
- Familles : H10 Rubicón Palace à Playa Blanca, avec toboggans aquatiques
- Luxe : Hotel Fariones à Puerto del Carmen, Melia Salinas à Costa Teguise
Lanzarote est classée réserve de biosphère par l’UNESCO et applique des contrôles stricts inspirés directement par César Manrique : pas de grands immeubles, pas de panneaux publicitaires, des constructions qui respectent les couleurs et les formes traditionnelles. Cette règle, parfois contraignante pour les promoteurs, est ce qui préserve l’authenticité de l’île depuis des décennies. C’est aussi ce qui fait qu’on a envie d’y revenir.
Ce que Lanzarote vous réserve encore
Il reste des endroits dont on n’a pas encore parlé. Al Campesino, lieu hommage aux artisans de l’île, abrite une sculpture de 15 mètres de haut créée par César Manrique et Jésus Soto : la statue de la Fécondité. L’accès est gratuit. La Rofera de Teseguite, sur la route LZ-404 reliant Guatiza à Teguise, réserve une curiosité géologique avec ses roches aux formes surprenantes issues d’une ancienne carrière de rofé.
Et puis il y a le Carnaval d’Arrecife, qui se tient généralement en février ou mars avec des défilés colorés, des murgas, l’élection de la Reine du Carnaval et des stands de street-food proposant des spécialités locales pendant plusieurs jours. C’est Lanzarote dans ce qu’elle a de plus vivant, de plus populaire, loin de toute carte postale.
Pour les familles, l’Aquarium de Lanzarote à Costa Teguise, le parc animalier Rancho Texas Lanzarote Park, le parc aquatique Aqualava à Playa Blanca ou le marché Pueblo Marinero constituent autant d’attractions complémentaires. Et pour les amateurs de sensations fortes hors de l’eau, les toboggans aquatiques de l’Aquapark Costa Teguise raviront les plus jeunes.
La vraie question, après tout ça : vous partiriez plutôt au printemps pour les randonnées volcaniques et les plages encore tranquilles, ou en juillet pour vivre les Fiestas del Carmen depuis les bateaux décorés de La Graciosa ? Les deux réponses sont bonnes. Et aucune des deux ne vous décevra.
