Deuxième plus grande île de la Méditerranée avec ses 24 000 km², la Sardaigne accueille chaque année près de 15 millions de visiteurs. Un chiffre qui donne le vertige, et qui explique pourquoi choisir où dormir ici n’est pas une décision anodine. L’île est vaste, presque deux fois la superficie du département des Landes, et ses trois aéroports principaux dessinent déjà une première carte mentale : Cagliari au sud, Olbia Costa Smeralda au nord-est, Alghero au nord-ouest. Compter environ 3 heures de voiture entre Olbia et Cagliari. Autrement dit, vouloir tout voir en un seul séjour court est une recette pour passer sa vie dans les transports.
La bonne stratégie, c’est de choisir une base selon ses envies réelles : plages de sable blanc, culture, gastronomie, authenticité ou luxe. Le nord-est concentre la Costa Smeralda et ses criques d’eaux turquoise. Le nord-ouest séduira les amateurs d’histoire médiévale. Le sud mêle capitale animée et plages paradisiaques. L’est et le centre réservent les paysages les plus sauvages. On fait le tour des meilleures zones et des adresses concrètes pour chaque profil.
Quelle région choisir pour dormir en Sardaigne selon vos envies ?
La Sardaigne ne se visite pas à la légère. Chaque région a une personnalité franche, et louer une voiture reste la meilleure décision qu’on puisse prendre dès l’arrivée. Sans elle, on reste prisonnier des axes principaux, et on passe à côté de 80 % de l’île.
Le nord-est, autour de la Gallura, d’Olbia et de Porto Cervo, attire ceux qui veulent des eaux turquoise dignes des Caraïbes et l’accès facile à l’archipel de La Maddalena. C’est la région la plus fréquentée, et les tarifs le reflètent. Pour un court séjour de 2 à 4 jours avec atterrissage à Olbia, rester dans cette zone est clairement la solution la plus logique.
Le nord-ouest, côté Sassari et Alghero, plaira davantage aux voyageurs curieux de patrimoine et de gastronomie locale. Les remparts, les influences catalanes, les vins comme le vermentino : c’est une autre Sardaigne, moins tape-à-l’œil mais vraiment attachante.
Le sud tourne autour de Cagliari. On y trouve un mélange rare : une capitale qui vit vraiment, une plage de plusieurs kilomètres à 10 minutes de route, et des sites archéologiques à portée de main. Les familles avec des envies mixtes (ville + mer) s’y sentiront bien.
L’est et le centre, de l’Ogliastra à Nuoro en passant par Cala Gonone, c’est pour les amoureux de nature sauvage et d’authenticité sarde. Moins de tourisme, des prix plus doux, des traditions intactes. La côte sud-ouest, enfin, reste hors des sentiers battus avec ses grandes plages et ses falaises, prisées des surfeurs au printemps.
Dormir dans le nord-est de la Sardaigne : Olbia, Porto Cervo et la Gallura
Olbia, porte d’entrée idéale du nord-est
Fondée par les Phéniciens il y a des millénaires, Olbia est aujourd’hui une ville portuaire dynamique qui sait garder un équilibre entre modernité et héritage historique. La basilique San Simplicio, trésor roman de l’île, mérite un détour d’une heure. Les plages de Pittulongu et Cala Brandinchi comptent parmi les plus belles du nord-est.
L’aéroport d’Olbia-Costa Smeralda se trouve à seulement 500 mètres de certains hôtels et à 2 km du centre-ville. Un avantage réel pour les séjours courts. Le Jazz Hotel propose des chambres à partir de 98 euros la nuit avec petit-déjeuner. L’Hôtel Panorama démarre à 111 euros. Pour plus de confort, le Bbolbia bed and breakfast affiche 145 euros la nuit, également avec petit-déjeuner inclus.
Porto Cervo et la Costa Smeralda, pour un séjour haut de gamme
Porto Cervo, c’est l’adresse que tout le monde connaît sans forcément y avoir mis les pieds. Les yachts amarrés dans le port de plaisance, les boutiques de luxe dans les ruelles pavées, les plages aux eaux turquoise absolument irréelles : c’est la Costa Smeralda dans toute sa splendeur. L’arrière-pays verdoyant, ponctué de vignobles, se découvre facilement en voiture.
Les hébergements ici figurent parmi les plus onéreux de toute l’île. Le Cervo Hotel démarre à 297 euros la nuit avec petit-déjeuner. L’Hôtel delle Rose propose une entrée de gamme à 172 euros. Pour les budgets plus serrés, Santa Teresa di Gallura est une alternative calme et rurale dans la Gallura. La Maison D’Art y propose des chambres à partir de 128 euros avec petit-déjeuner, et l’Hôtel L’Ancora à seulement 62 euros la nuit.
Cagliari et le sud de la Sardaigne : culture, plages et diversité
Cagliari, la capitale aux multiples visages
Le quartier Castello, avec ses ruelles pavées et ses remparts médiévaux dominant la mer, reste l’image la plus forte qu’on emporte de Cagliari. La vue panoramique depuis les fortifications est l’une des plus belles de tout le sud de l’île. La Marina enchante avec ses bateaux de pêche traditionnels et ses façades aux tons pastel. Le centre historique abrite un amphithéâtre romain, témoin d’un passé prestigieux.
La gare se situe à 10 minutes du centre-ville, le musée archéologique à 900 mètres, et la plage de Poetto à 10 minutes de route. Le parc naturel de Molentargius, refuge pour de nombreuses espèces d’oiseaux rares dont les flamants roses, intégrale le tableau. Pour dormir, les options couvrent des budgets très variés.
| Hébergement | Prix à partir de | Petit-déjeuner |
|---|---|---|
| Arcobaleno Rooms | 54 €/nuit | Non inclus |
| Birkin Porto 1870 | 75 €/nuit | Inclus |
| Bianca Dimora | 79 €/nuit | Inclus |
| Albergo Diffuso Birkin Castello | 95 €/nuit | Inclus |
| Hotel Italia | 114 €/nuit | Inclus |
| My Exclusive Cavour (4 pers.) | 195 €/nuit | Non précisé |
Villasimius, la destination balnéaire du sud-est
Villasimius est le genre d’endroit qu’on découvre un peu par hasard et qu’on regrette de quitter. Les maisons colorées du village, les eaux cristallines de Porto Giunco, le sable fin doré de Cala Pira : ce coin du sud-est conjugue authenticité et beauté naturelle sans forcer le trait. La réserve de Capo Carbonara protège une faune et une flore marines remarquables.
Pour dormir, Le Anfore Hotel propose des chambres à partir de 106 euros avec petit-déjeuner, et le Domu Simius Hotel à partir de 94 euros la nuit. Des tarifs raisonnables pour une destination balnéaire de cette qualité.

Alghero, Sassari et le nord-ouest : charme historique et plages sauvages
Alghero, entre influences catalanes et littoral méditerranéen
Alghero est une ville qui surprend. Depuis 1997, le catalan y est reconnu comme langue officielle par l’Italie, héritage d’une histoire complexe portée par les remparts aragonais qui ceinturent encore la vieille ville. L’architecture gothique et baroque côtoie les maisons traditionnelles dans un centre historique situé à 800 mètres de certains hébergements, avec la mer à 5 minutes à pied.
La gastronomie locale, axée sur les poissons frais et les fruits de mer, se marie parfaitement avec un verre de vermentino ou de cannonau. La plage de Maria Pia est connue pour ses couchers de soleil. La grotte de Neptune et le parc national de l’archipel de La Maddalena sont accessibles en excursion. L’Hotel Angedras affiche 63 euros la nuit avec petit-déjeuner. La Guest House Camilla part de 124 euros. L’Alma di Alghero Hotel, classé 4 étoiles, dispose d’une piscine sur le toit et d’un accès à la plage privée. L’Hotel Villa Piras propose des chambres à partir de 83 euros.
Sassari, capitale du nord-ouest et point de départ des explorations
Avec plus de 130 000 habitants, Sassari est la plus grande ville du nord-ouest. Elle porte une forte empreinte catalane depuis le XIVe siècle, visible dans son architecture et sa culture. Le Palazzo Ducale se trouve à 500 mètres de certains hébergements.
La région regorge de sites naturels majeurs : le Parc National d’Asinara, la plage de la Pelosa, la plage de la Saline et le Parc Naturel Régional de Porto Conte. Les Suites Royales proposent des nuits autour de 67 euros. L’Hotel Lumen House offre un appartement d’une chambre pour 71 euros. Hotel Grazia Deledda et Hotel Vittorio Emanuele complètent l’offre de la ville.
Les différents types d’hébergements en Sardaigne : comment choisir ?
Des formules économiques aux séjours de charme
Les campings sardes sont presque toujours en bord de mer, ombragés sous les pinèdes ou dans le maquis du littoral. Attention : en saison estivale, la surpopulation et les sanitaires vieillissants font partie du package. Mieux vaut choisir un emplacement ombragé même éloigné de la plage plutôt que de souffrir de la chaleur intenable face à la mer. Beaucoup proposent des bungalows bien équipés, une bonne alternative.
Les auberges de jeunesse acceptent en priorité les membres de la FUAJ (Fédération des auberges de jeunesse), représentée à Paris par la Fédération unie des auberges de jeunesse, sans refuser les non-membres. Compter entre 20 et 40 euros par nuit en dortoir. Certaines proposent des chambres privées ou familiales à tarif supérieur. La réservation à l’avance par e-mail est conseillée en haute saison.
Agriturismos, B&B et affittacamere, l’authenticité sarde
Un agriturismo, c’est une exploitation agricole familiale en activité. On y mange des repas copieux, régulièrement servis en menu fixe entre 35 et 40 euros par personne, eau, vin et digestif compris. Les chambres coûtent entre 30 et 50 euros par personne, jusqu’à 60 à 80 euros dans les adresses de charme. Le répertoire Agriturist recense les fermes authentiques, loin des fausses enseignes touristiques.
Le bed & breakfast reste une formule conviviale très répandue. Sur la côte, compter entre 80 et 160 euros la chambre double en haute saison, et entre 60 et 80 euros aux intersaisons. Précision pratique : les B&B acceptent rarement les cartes de paiement. Prévoir du liquide. Ils sont aussi légalement contraints de fermer 2 mois par an. Les affittacamere, variantes sans petit-déjeuner, permettent plus de souplesse.
L’albergo diffuso mérite une mention spéciale. Cette structure hôtelière dispersée dans plusieurs bâtiments d’un village ou d’un bourg contribue à revitaliser le patrimoine local et à le préserver de la désertification. Pour les voyageurs, c’est une façon originale de vivre la Sardaigne de l’intérieur.
Quand et comment organiser son séjour en Sardaigne pour bien choisir son hébergement ?
La meilleure période pour visiter la Sardaigne s’étend de mai à septembre. Juillet et août peuvent dépasser les 30 degrés, avec des prix d’hébergement qui grimpent fortement. Juin reste le meilleur compromis : les plages sont superbes, la foule raisonnable, les tarifs encore accessibles.
De nombreux hôtels n’ouvrent leurs portes que de Pâques à fin octobre, parfois seulement jusqu’à septembre. Dans les villes, le choix est plus limité, mais les bed & breakfast comblent ce vide de manière satisfaisante.
- Réserver au moins 6 à 8 semaines à l’avance en juillet-août : les meilleures chambres partent très vite.
- Louer une voiture dès l’arrivée : les bus interurbains existent mais restent peu pratiques pour chercher librement.
- Privilégier une seule zone pour un séjour de 2 à 4 jours plutôt que de traverser l’île.
- Vérifier si l’hôtel ou le B&B accepte les cartes de paiement avant d’arriver.
Ce que peu de guides disent : la côte sud-ouest autour d’Iglesias et de Sant’Antioco est l’une des plus belles de l’île, avec ses grandes plages quasi désertes en été. La plage de Piscinas se trouve à 40 minutes, Porto Pino à 20 minutes d’Iglesias. C’est là que les voyageurs qui reviennent pour la deuxième fois choisissent de dormir. Peut-être votre prochaine base sarde ?
