Que faire en Camargue : 10 activités incontournables

Chevaux blancs galopant dans l'eau de Camargue au coucher soleil

La Camargue s’étend sur environ 930 km² entre les bras du Rhône et la mer Méditerranée. C’est l’une des plus grandes zones humides d’Europe de l’Ouest, et pourtant, beaucoup de voyageurs la traversent en voiture sans vraiment s’arrêter. On a fait cette erreur une fois. Jamais deux.

Ce territoire inclassable, mi-terre mi-eau, réserve des expériences qui ne ressemblent à rien d’autre en France. Des chevaux blancs en liberté dans les marais, des flamants roses par milliers, des rizières à perte de vue… et des gardians qui perpétuent des traditions vieilles de plusieurs siècles. Dépaysement garanti, sans prendre l’avion.

Observer les flamants roses et la faune sauvage du delta

Le Parc naturel régional de Camargue, classé depuis 1970, abrite une biodiversité impressionnante. On y recense plus de 400 espèces d’oiseaux. Mais le symbole absolu, c’est le flamant rose (Phoenicopterus roseus) : la Camargue constitue l’un des rares sites de reproduction en Europe. La colonie de l’étang de Vaccarès peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’individus au printemps.

Le meilleur spot pour les observer ? L’étang de Fangassier, côté Saintes-Maries-de-la-Mer. Tôt le matin, avant 9h, les oiseaux sont actifs et la lumière rasante rend la scène irréelle. Jumelles indispensables. Et patience : on ne dérange pas, on observe.

Au-delà des flamants, les taureaux camarguais noirs, les hérons cendrés, les aigrettes garzettes et les chevaux blancs semi-sauvages font partie du décor quotidien. Ce n’est pas un zoo. C’est leur territoire, on est les invités.

Se promener à cheval dans les marais camarguais

Difficile d’imaginer la Camargue sans une balade équestre. Les manades, ces élevages traditionnels de chevaux et de taureaux camarguais, proposent des sorties encadrées par des gardians. C’est la façon la plus authentique d’accéder aux zones marécageuses inaccessibles à pied ou en vélo.

Plusieurs structures autour des Saintes-Maries-de-la-Mer proposent des randonnées de 1h à la journée entière. Comptez environ 25 à 35 € pour une heure (tarifs vérifiés en mai 2026). Les sorties au coucher du soleil, avec la lumière orange sur les marais, sont celles qu’on recommande sans hésiter. Réservez à l’avance en juillet-août, c’est complet des semaines avant.

Pas cavalier ? Aucun problème. Les chevaux camarguais sont calmes, robustes, adaptés aux débutants. On a vu des gens remonter à cheval pour la première fois à 60 ans. Ils sont repartis avec le sourire jusqu’aux oreilles.

Examiner la Camargue à vélo : les meilleures pistes cyclables

Le vélo reste probablement le meilleur moyen de se déplacer ici. Le terrain est plat, les distances sont raisonnables, et certaines pistes traversent des paysages qu’on ne voit depuis aucune route.

L’itinéraire le plus connu relie Arles à Saintes-Maries-de-la-Mer sur environ 38 km, en longeant le Petit Rhône. Comptez 3 à 4 heures de vélo tranquille, avec des pauses pour observer les oiseaux ou photographier les troupeaux. Des points de location sont disponibles à Arles et aux Saintes.

On conseille de partir tôt, avant la chaleur de l’après-midi en été. Et d’emporter de l’eau. Beaucoup d’eau. Les ombres sont rares sur les sentiers de Camargue.

Visiter les Saintes-Maries-de-la-Mer et son pèlerinage

Ce village est le cœur vivant de la Camargue. Chaque année, les 24 et 25 mai, les Saintes-Maries-de-la-Mer accueillent l’un des pèlerinages les plus intenses et les plus colorés de France : celui de la communauté gitane venue vénérer sainte Sara, leur patronne. Des milliers de pèlerins du monde entier convergent ici. L’atmosphère est unique, profondément émouvante.

Hors pèlerinage, le village vaut la visite pour son église fortifiée du XIIe siècle et ses ruelles blanches qui donnent une vraie saveur camarguaise. Le musée des Saintes-Maries retrace l’histoire de la région, la culture gitane et les traditions des gardians.

L’été, le village est très touristique. Si vous voulez le vivre autrement, venez en avril ou en octobre. Moins de monde, même lumière, même charme.

Découvrir Arles, la porte d’entrée de la Camargue

Arles n’est pas en Camargue à proprement parler, mais on ne peut pas s’intéresser à cette région sans y passer. La ville est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981, notamment pour ses arènes romaines du Ier siècle après J.-C. qui peuvent accueillir plus de 20 000 spectateurs.

Vincent van Gogh y a vécu une période intense de création entre 1888 et 1889, produisant plus de 300 œuvres. La Fondation Vincent van Gogh Arles propose des expositions temporaires de premier plan. Et chaque été, les Rencontres d’Arles, festival international de photographie créé en 1970, transforment la ville en galerie à ciel ouvert. Une raison de plus de programmer son séjour en juillet.

La ville est aussi un excellent point de départ logistique. Vous y trouvez toutes les infrastructures, des hébergements variés, et des loueurs de vélos bien équipés pour partir chercher la Camargue.

Se baigner et se ressourcer sur les plages camarguaises

La Camargue possède plus de 30 km de plages sauvages. Pas de béton, pas de parasols en rang d’oignons. Des plages de sable fin bordées de dunes et de roseaux, accessibles parfois uniquement à pied ou à vélo.

La plage de Piémanson, à l’est du delta, est la plus grande plage naturiste de France. On l’aime pour son caractère brut, un peu lunaire. Le vent souffle fort, les vagues sont irrégulières, et l’horizon est dégagé jusqu’à la mer ouverte. Pas idéale avec des enfants en bas âge, mais parfaite pour ceux qui cherchent l’espace.

Les plages autour des Saintes-Maries sont plus familiales, plus accessibles, et surveillées en saison. Le sable y est blond, l’eau turquoise par temps calme. C’est là qu’on va quand on veut simplement poser une serviette et ne plus penser à rien.

Naviguer sur les étangs et les canaux en barque ou en kayak

Vu de l’eau, la Camargue n’a plus rien à voir avec ce qu’on observe depuis les pistes cyclables. Les roseaux s’élèvent à deux mètres, les canards s’envolent à quelques centimètres du kayak, et parfois on croise un héron si immobile qu’on le prend pour une statue.

Des sorties guidées en barque sont proposées sur le canal du Vaccarès et ses abords. Pour le kayak, plusieurs prestataires basés aux Saintes-Maries organisent des circuits de 2 à 4 heures à travers les roubines, ces canaux d’irrigation typiques de la région. Comptez autour de 30 à 40 € par personne pour une demi-journée accompagnée.

Ce type d’activité, on l’a fait une fois un matin de novembre, avec une brume légère sur l’eau. C’était silencieux, presque irréel. L’un des moments les plus apaisants qu’on ait vécus dans cette région.

Goûter la gastronomie camarguaise : riziculture, gardiane et vins des sables

La Camargue produit du riz depuis le XVIIe siècle. Aujourd’hui, la riziculture camarguaise représente la quasi-totalité de la production française de riz, avec environ 20 000 hectares cultivés dans le delta du Rhône. Ce riz rouge et blanc AOP mérite qu’on lui consacre une assiette entière.

Le plat emblématique de la région, c’est la gardiane de taureau : un ragoût mijoté longuement avec du taureau camarguais, des olives noires et des herbes de Provence. On l’accompagne de riz camarguais, évidemment. Certains bouchers et producteurs de la région vendent directement leurs viandes, et quelques tables de ferme proposent des repas sur réservation.

Les vins des sables méritent aussi un détour. Les vignes poussent directement dans le sable, ce qui les protège naturellement du phylloxéra. Les domaines autour de Montcalm et d’Aigues-Mortes produisent des rouges légers et des rosés frais, parfaits pour accompagner une gardiane au bord d’un étang.

  • Riz rouge et blanc AOP de Camargue : à acheter directement chez les producteurs locaux autour d’Arles
  • Gardiane de taureau camarguais : le plat traditionnel des gardians, à chercher dans les fermes-auberges
  • Vins des sables : à déguster sur place dans les domaines viticoles entre Aigues-Mortes et le littoral
  • Fleur de sel de Camargue : récoltée à la main dans les salins, en vente sur les marchés locaux

Visiter les salins de Giraud et le site de Salin-de-Badon

Les salins de Camargue sont à la fois une industrie centenaire et un écosystème à part entière. Salin-de-Giraud, à l’est du delta, abrite l’un des plus grands sites de production de sel d’Europe. En été, les bassins prennent des teintes roses et rouges spectaculaires, causées par une microalgue (Dunaliella salina) qui prospère dans l’eau hypersalée.

On peut visiter les salins à pied ou à vélo depuis le village, et observer des milliers de flamants roses qui trouvent là leur nourriture principale. L’entrée sur certaines zones est libre, d’autres sont gérées par la Réserve nationale de Camargue avec des tarifs modiques.

À quelques kilomètres, le domaine de Salin-de-Badon est géré par la Réserve naturelle nationale de Camargue. C’est un observatoire ornithologique avec des affûts aménagés. On y accède uniquement sur réservation et en petit groupe. Si vous êtes passionné d’oiseaux, c’est le spot qui change tout.

Partir à la découverte d’Aigues-Mortes, la cité médiévale des marais

On termine par un lieu qu’on a tendance à sous-estimer. Aigues-Mortes surgit de nulle part dans la plaine, avec ses remparts parfaitement conservés du XIIIe siècle qui donnent l’impression d’une ville sortie d’un autre temps. C’est l’une des rares villes médiévales à avoir gardé son enceinte complète, sur plus de 1 600 mètres de périmètre.

Louis IX, dit Saint Louis, a fait construire cette ville en 1240 pour disposer d’un port sur la Méditerranée. C’est depuis Aigues-Mortes qu’il est parti pour les croisades. Les remparts, la tour de Constance et les ruelles pavées constituent un décor qui se mérite par une balade lente, sans programme.

Le marché du jeudi matin mérite le détour si vous passez en semaine. Produits locaux, artisanat, ambiance provençale. Et si vous souhaitez prolonger la visite, les salins du Midi jouxtent la ville : une promenade le long des bassins colorés complète parfaitement l’après-midi.

Alors, est-ce que vous iriez plutôt en Camargue au printemps pour les flamants roses en pleine reproduction, ou en automne pour les lumières dorées et la tranquillité retrouvée ? La réponse change vraiment tout à l’expérience qu’on y vit. Et on a de bonnes arguments pour les deux saisons.

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