Dubrovnik reçoit 1,5 million de visiteurs par an (chiffre de 2019), et on comprend pourquoi dès la première vue sur ses remparts ocre depuis la mer. La vieille ville, inscrite au patrimoine mondial UNESCO depuis 1979, tient dans un carré de 400 mètres sur 400. Minuscule, donc. Mais d’une densité historique rare : palais, monastères, cathédrale baroque, ruelles pavées qui descendent vers la mer Adriatique. L’ancienne République de Raguse a laissé derrière elle une cité presque intacte, malgré le tremblement de terre 1667 et les bombardements de 1991.
La vraie question, c’est de savoir comment s’y retrouver sans se faire avaler par la foule des croisières. Les bateaux débarquent leurs passagers à partir de 10h du matin, et la vieille ville se transforme. Le printemps (avril à juin) ou le début de l’automne (septembre à octobre) restent les meilleures fenêtres pour visiter sereinement. Voici ce que l’on a retenu comme activités à faire, monuments à voir et expériences à ne pas rater.
Se promener sur les remparts de la vieille ville
Un panorama unique sur Dubrovnik et l’Adriatique
Les remparts de Dubrovnik forment une ceinture de plus de 2 km autour de la vieille ville. Construits au XIIIe siècle et renforcés jusqu’au XVIe siècle, ils comptent parmi les fortifications médiévales les mieux préservées d’Europe. Une promenade totale dure environ 2 heures et offre une vue panoramique continue sur les toits rouges, la mer Adriatique et les îles au large. La Tour Minceta, point culminant côté nord, et la forteresse Saint-Jean côté port, méritent un arrêt pour mesurer l’ampleur du dispositif défensif. C’est depuis là-haut qu’on saisit vraiment la géographie de la cité.
Conseils pratiques pour visiter les remparts
L’entrée coûte 35 à 40 euros en haute saison (été 2024). C’est cher, mais le Dubrovnik Pass d’été (35 euros) couvre cet accès et une douzaine d’autres sites. Autrement dit, les remparts seuls rentabilisent le pass. Les remparts ouvrent à 8h du matin (9h de novembre à mars) : arrivez dès l’ouverture, avant que les croisiéristes ne débarquent à 10h. La différence est saisissante. À l’intérieur du circuit, le musée maritime, installé dans la tour Saint-Jean, vaut un détour pour comprendre la puissance commerciale de l’ancienne Raguse.
Chercher la forteresse Lovrijenac et ses secrets
Une citadelle hors du commun
Le fort Lovrijenac se dresse sur un rocher de 37 mètres au-dessus de la mer. Édifiée au XIe siècle selon la légende en seulement 3 mois pour bloquer l’expansion vénitienne, cette citadelle impressionne autant par son emplacement que par son histoire. Les amateurs de Game of Thrones la reconnaîtront immédiatement : elle représentait le Donjon Rouge de Port-Réal dans la série. L’inscription gravée au fronton résume l’esprit de la République de Raguse : « Non bene pro toto libertas venditur auro », la liberté ne se vend pas pour tout l’or du monde.
Accès et tarifs
L’entrée coûte 5 euros, incluse dans le Dubrovnik Pass. Bon plan : les escaliers extérieurs qui montent vers le fort offrent déjà de belles vues sur la mer Adriatique et les remparts, entièrement gratuitement. On peut aussi observer la forteresse depuis les quais inférieurs, sans dépenser un centime. Pour ceux qui veulent éviter les foules à l’intérieur, une visite libre tôt le matin reste la meilleure option.
Flâner sur la Stradun, artère mythique de la cité
L’âme de Dubrovnik sous vos pieds
La Stradun, aussi appelée Placa, traverse le cœur historique de Dubrovnik d’un bout à l’autre. Pavée de dalles lisses de calcaire de Brač, elle relie la fontaine d’Onofrio à l’ouest à la tour de l’Horloge à l’est. Les façades régulières du XVIe siècle qui la bordent témoignent de la prospérité de la République de Raguse. Ce qu’on oublie souvent : la Stradun était autrefois un bras de mer, comblé au XIIe siècle, qui séparait deux communautés distinctes. En marchant dessus, on marche littéralement sur l’histoire de la ville.
Un incontournable accessible à tous
La Stradun est abordable à toute heure, gratuitement. C’est aussi le point de départ idéal pour examiner les ruelles pavées perpendiculaires qui montent de chaque côté vers les quartiers résidentiels. On y trouve des cafés, quelques épiceries locales, et des placettes cachées où les habitants s’installent en soirée. Le marché de Gundulić, juste derrière, propose chaque matin fruits, légumes et souvenirs artisanaux. On a failli le rater, tellement c’est discret depuis la rue principale.
Découvrir la cathédrale de l’Assomption et le Palais du Recteur
La cathédrale baroque et son trésor
La Cathédrale de l’Assomption s’élève sur les vestiges d’une église romane détruite lors du tremblement de terre 1667. L’édifice baroque actuel renferme un trésor remarquable : des peintures attribuées à Titien et une relique de la Sainte Croix. L’accès à la cathédrale est gratuit. Le trésor, lui, coûte 3 euros. Les horaires vont de 8h à 20h en semaine (11h à 17h30 le dimanche). L’architecture baroque de la nef contraste avec l’austérité extérieure : c’est l’un des meilleurs exemples de reconstruction post-sismique de la ville.
Le Palais du Recteur, siège d’un pouvoir éphémère
Le Palais du Recteur, édifié au XIVe siècle, mêle élégamment architecture gothique et architecture Renaissance. Anecdote savoureuse : le recteur de la République de Raguse était élu pour un mandat d’un seul mois, durant lequel il n’avait pas le droit de quitter le palais. Un confinement républicain avant l’heure. Aujourd’hui, le palais abrite le musée d’histoire culturelle avec meubles du XVIIIe siècle, armes et arts décoratifs. Il se situe à deux pas de la Stradun, facilement accessible à pied depuis la porte Pile.
Monter au mont Srđ pour un panorama à 360 degrés
Le téléphérique et le fort Impérial
Le mont Srđ culmine à 415 mètres au-dessus de Dubrovnik. Le téléphérique, inauguré en 1969 et modernisé depuis, atteint le sommet en moins de 5 minutes pour 27 euros l’aller-retour (tarif 2023). Au sommet, le fort Impérial, bâti en 1810 sous Napoléon, abrite un petit musée consacré à la guerre d’indépendance croate. Pour les familles, une tyrolienne est disponible sur place dès 8 ans : les enfants adorent, et les parents aussi, même s’ils ne l’avouent pas.
La montée à pied et la vue imprenable depuis le sommet
Les plus courageux montent à pied en 1h15 environ, sur un sentier de 5,5 km aller. La récompense est totale : vue panoramique sur la vieille ville, l’île de Lokrum, la côte dalmate, et par temps clair jusqu’en Bosnie-Herzégovine et au Monténégro. On ne dit pas un mot pendant quelques minutes. C’est ainsi.
Visiter les monastères franciscain et dominicain
Le monastère franciscain et sa pharmacie historique
Le monastère franciscain, fondé au XIVe siècle près de la porte Pile, recèle l’une des plus grandes surprises de la visite : une pharmacie ouverte depuis 1317, l’une des plus anciennes encore en activité d’Europe. Le cloître de style roman-gothique, avec ses colonnes ornées de chapiteaux sculptés, est un modèle de sérénité. On y trouve des collections de livres anciens, des reliques et des objets de pharmacie d’époque.
- Entrée : 5 euros
- Horaires : 9h à 18h, tous les jours
- L’église baroque adjacente est visitée gratuitement
Le monastère dominicain et son cloître gothique
Le monastère dominicain, construit au XIVe siècle non loin de la porte Ploče, a subi des modifications significatives après le tremblement de terre 1667. Son cloître gothique, parfaitement préservé, est un chef-d’œuvre d’équilibre. Le musée attenant rassemble des peintures de maîtres dalmates et italiens, dont un précieux crucifix attribué à Paolo Veneziano, ainsi que des manuscrits anciens et des ornements liturgiques.
- Entrée : 5 euros, musée inclus
- Horaires : 9h à 18h en général (variables selon la saison)
S’évader sur l’île de Lokrum, réserve naturelle ensauvagée
Une île hors du temps à dix minutes de Dubrovnik
À seulement 600 mètres de la côte, l’île de Lokrum s’atteint depuis le Vieux Port en 10 à 15 minutes de bateau. Les départs se font toutes les 30 minutes en été, toutes les heures à l’intersaison. Cette réserve naturelle classée depuis 1963 fait seulement 2 km², mais son histoire est dense : des moines bénédictins y bâtirent un monastère au XIe siècle, et l’empereur Maximilien d’Autriche y séjourna plus tard. La légende veut que l’île soit maudite si quelqu’un y passe la nuit. Inutile de tenter le sort : c’est interdit.
Que faire sur l’île de Lokrum ?
Sur place, on déambule entre jardins botaniques, vestiges du monastère bénédictin et colonie de paons importés par Maximilien. La baignade se pratique dans des criques naturelles ou dans le lac salé baptisé Morte. Le kayak de mer permet aussi d’y accéder depuis Dubrovnik pour ceux qui veulent combiner sport et découverte.
- Tarif : 30 euros aller-retour (24 euros avec le Dubrovnik Pass)
- Accessible d’avril à novembre, de 9h à 19h

Faire une croisière aux îles Élaphites
Trois îles, trois ambiances
L’archipel des îles Élaphites compte 13 îles et îlots, dont trois seulement sont habitées. Chacune a sa personnalité. Koločep (aussi nommée Kalamota) séduit par ses plages de sable fin et ses sentiers de randonnée. Lopud fonctionne entièrement sans voitures, avec son monastère franciscain et ses criques tranquilles. Šipan, la plus grande (16,5 km²), la plus éloignée, s’étire entre oliveraies et maisons de pierre. C’est là qu’on comprend ce que signifie « ralentir ».
Comment se rendre aux îles Élaphites ?
Les ferries de la compagnie Jadrolinja desservent les îles depuis le vieux port ou le port de Gruž, toute l’année avec des horaires adaptés à la saison. Prévoyez au minimum une journée complète. Ces îles offrent un contraste total avec l’agitation de la vieille ville. Une vraie bouffée d’air.
Se baigner sur les plus belles plages de Dubrovnik
La plage Banje et les plages du centre
La plage Banje, à deux pas de la porte Ploče, est la plus proche du centre historique. Ses eaux turquoises et sa vue sur les remparts en font un spot photographié à toute heure. On peut louer des transats et se faire servir cocktails ou fruits frais directement sur le sable. En été, des soirées DJ animent les lieux. Pour quelque chose de plus sauvage, la plage Sveti Jakov (bus n°8 jusqu’à l’hôtel Argentina, puis 10 minutes de marche) offre une baignade avec vue sur les remparts depuis des rochers avec plongeoir. Le trajet en bateau-taxi coûte 20 euros aller-retour. La plage Danče, au fond de Dn Frana Bulica, reste plus discrète et très proche du centre.
Le quartier de Lapad pour fuir la foule
Le quartier de Lapad, à l’ouest, s’atteint en bus (ligne n°6 depuis la porte Pile) ou en 15 minutes à pied. Ses plages, Lapad, Copacabana et Uvala Lapad, sont plus calmes et fréquentées essentiellement par des familles et des résidents. Le parc Velika i Mala Petka, avec ses 100 mètres de falaises escarpées, permet une balade à l’ombre des pins avec de belles vues sur la mer Adriatique. C’est aussi le meilleur endroit de la ville pour regarder le soleil descendre sur l’horizon.
Partir en kayak de mer pour longer les remparts depuis la mer
Une expérience unique autour de la vieille ville
Voir les remparts depuis la mer change tout. Les excursions en kayak durent généralement 2 à 3 heures et partent souvent de la plage de Banje ou du Vieux-Port. La période idéale va de mai à septembre. On longe les fortifications, on s’infiltre dans des grottes, on découvre des criques et des plages secrètes inaccessibles depuis les terres. La perspective sur la cité depuis l’eau est une des plus belles qu’on ait vécues ici.
Conseils pratiques pour faire du kayak à Dubrovnik
Certains circuits incluent un arrêt sur l’île de Lokrum pour un bain. Portez un gilet de sauvetage et assurez-vous d’avoir une condition physique correcte : les courants peuvent surprendre. Plusieurs prestataires organisent des sorties guidées depuis le centre-ville, adaptées aux familles avec enfants. C’est une alternative sportive et originale à la visite guidée classique des remparts.
Goûter la gastronomie de Dubrovnik et de la Dalmatie
Les spécialités dalmates à ne pas manquer
La gastronomie de Dubrovnik s’ancre dans les produits frais de l’Adriatique. Le crni rižot, risotto à l’encre de seiche, est probablement la meilleure introduction aux spécialités culinaires dalmates. Les poissons grillés, les moules, les huîtres et la salade d’oursins complètent une carte où les saveurs marines dominent. L’huile d’olive des îles voisines accompagne tout. Côté vins, le Plavac Mali rouge et le Pošip blanc, tous deux produits sur la côte dalmate, méritent largement qu’on s’attarde sur la terrasse d’un restaurant. Le marché de Gruž, très tôt le matin, permet de voir la pêche du jour arriver directement.
Prendre un verre au café Buža et vivre la vie locale
Le café Buža est une terrasse perchée sur les rochers, côté sud des remparts. On y accède par une petite ouverture dans les murs, presque invisible. Pas d’enseigne criarde, pas de décoration tape-à-l’œil : juste les rochers, quelques tables et la mer. Un cocktail y coûte 16 euros, ce qui est élevé, mais le cadre est sans équivalent au coucher du soleil. En mi-octobre, le Good Food Festival dresse une table de 200 mètres de long sur la Stradun : c’est bruyant, festif et délicieux.
Découvrir Dubrovnik par ses musées insolites
Le Red History Museum et le musée War Photo Limited
Le Red History Museum, dans le quartier de Gruž, retrace la Yougoslavie communiste de façon interactive et vivante. On touche à tout : objets du quotidien, affiches, machines, et même une buvette où l’on sert des sodas yougoslaves comme le Cedevita, créé en 1929 à Zagreb et toujours disponible. On ressort avec une compréhension réelle de ce qu’était la vie sous Tito.
Le musée War Photo Limited prend un angle différent. Ses photographies de conflits armés sont parfois difficiles à regarder, mais nécessaires. Un étage entier est dédié aux guerres de Yougoslavie qui ont frappé Dubrovnik de 1991 à 1995. L’entrée coûte 10 euros (6 euros pour les étudiants). C’est l’un des musées les plus honnêtes et les plus engagés qu’on ait visités.
Le musée maritime et le musée ethnographique Rupe
Le musée maritime, installé dans la tour Saint-Jean, est considéré comme le plus beau musée consacré à l’histoire de la cité. Il retrace la puissance navale de la République de Raguse avec une collection variée d’instruments, maquettes et documents d’époque. Le musée ethnographique Rupe, lui, occupe le plus ancien grenier à blé de la ville, datant du XVIe siècle. On y trouve des outils, bijoux et costumes traditionnels croates, avec des vues sur la ville depuis les fenêtres : un bonus inattendu.
Faire une excursion autour de Dubrovnik : îles, villages et saveurs
Cavtat et la région du Konavle
La région du Konavle, à une vingtaine de kilomètres, révèle une campagne de pins et d’oliviers que la plupart des visiteurs ignorent complètement. Cavtat, à 27 km de Dubrovnik, est un petit port avec de superbes maisons Renaissance en pierre blanche de Brač. Le tour de la presqu’île de Rat réserve des panoramas entre mer et montagne. La Maison Bukovac, musée-maison du peintre croate Vlaho Bukovac, vaut le détour pour qui s’intéresse à l’art de la région.
Mali Ston et ses huîtres, l’Arboretum Trsteno
La baie de Mali Ston, à 50 minutes de Dubrovnik, produit les fameuses huîtres plates Ostrea edulis, élevées ici depuis l’époque romaine. La deuxième plus longue muraille d’Europe (5,5 km) domine la baie : un double argument pour s’y rendre. L’Arboretum Trsteno, à 20 km de la ville, est l’un des plus anciens jardins botaniques méditerranéens. Né au XVIe siècle sous la République de Raguse, il est accessible en bus ou en bateau depuis Lokrum.
- Arboretum Trsteno : abordable en bus depuis la vieille ville
- Mali Ston : 50 minutes en voiture depuis Dubrovnik
- Cavtat : 27 km, accessible en bus interurbain ou en bateau-taxi
Informations pratiques pour visiter Dubrovnik
Quand partir, combien de temps et comment arriver ?
Le printemps (avril à juin) et le début de l’automne (septembre à octobre) offrent des températures plus douces, moins de foule et des tarifs d’hébergement plus accessibles. En juillet-août, les températures dépassent facilement les 30°C, les prix explosent et la vieille ville devient difficile à vivre en journée. Prévoyez 2 à 3 jours pour voir l’essentiel.
Pour rejoindre Dubrovnik, plusieurs options existent :
- L’avion : vols directs depuis plusieurs villes françaises vers l’aéroport DBV, situé à 20 km du centre (30 minutes en voiture, au moins 1 heure en bus lignes 11, 27 ou 38)
- Le bus : liaisons depuis les grandes villes croates et les pays voisins
- Le ferry : depuis Bari en Italie, par la mer Adriatique
- Le train : aucune liaison ferroviaire ne dessert Dubrovnik
Le Dubrovnik Pass, les déplacements et le montant
Le Dubrovnik Pass coûte 15 euros en hiver (2023/2024) et 35 euros en été 2024. Il existe en versions 1 jour, 3 jours et 7 jours. Il donne accès à une douzaine de sites, dont les remparts, et inclut les transports en commun en bus urbains. Dubrovnik se visite à pied dans la vieille ville. Pour les plages éloignées ou les quartiers comme Lapad, le bus reste la solution la plus pratique.
Dubrovnik est une destination onéreuse comparée au reste de la côte dalmate. Prévoyez un budget conséquent pour l’hébergement et la restauration. La monnaie officielle est l’Euro depuis 2023. Les prises électriques sont de type C/F, standard européen continental.
Vous hésitez encore sur la saison ? Sachez que septembre à Dubrovnik, c’est la mer encore chaude, les terrasses encore ouvertes et les bateaux de croisière déjà moins nombreux. C’est souvent là que la ville révèle vraiment ce qu’elle est.
