Que faire à Strasbourg : les incontournables à voir

Couple marchant le long d'un canal dans une ville médiévale alsacienne

Strasbourg est une ville européenne fascinante aux trésors architecturaux exceptionnels et variés.

  • Cathédrale Notre-Dame : chef-d’œuvre en grès rose de 142 mètres, anciennement plus haut édifice du monde avec son unique flèche gothique
  • Petite France et Ponts Couverts : quartiers classés à l’UNESCO aux maisons à colombages médiévales et ruelles pavées pittoresques
  • Quartier européen : siège du Parlement européen, Conseil de l’Europe et institutions internationales majeures
  • Gastronomie alsacienne : tarte flambée, baeckeoffe et vin chaud à déguster dans les winstubs typiques
  • Marché de Noël : l’un des plus anciens d’Europe depuis 1570, avec 300 chalets festifs décembre

Strasbourg. Le nom lui-même dit tout : « la place forte des routes ». À seulement 5 kilomètres de la frontière allemande, cette ville de 300 000 habitants concentre ce que l’Europe fait de mieux : une cathédrale gothique rose qui a longtemps dominé tous les édifices du monde, des ruelles médiévales pavées au bord de l’Ill, et les sièges du Parlement européen, du Conseil de l’Europe et de la Cour européenne des droits de l’homme. La Grande Île et la Petite France, toutes deux classées à l’UNESCO, forment le cœur d’une cité où l’architecture alsacienne et l’influence germanique se fondent en un mélange unique. Voici tout ce qu’on a envie de vous faire découvrir.

Les sites historiques et architecturaux incontournables à voir à Strasbourg

La cathédrale Notre-Dame, chef-d’œuvre de grès rose

Sa flèche pointe à 142 mètres de hauteur. Pendant des siècles, la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg a été l’édifice le plus haut du monde, et elle est restée jusqu’au XIXe siècle la construction religieuse la plus élevée de toute la chrétienté. Bâtie entre le XIIe et le XVe siècle, avec des travaux achevés en 1439, elle se démarque grâce à son grès des Vosges à la teinte rosée, unique en son genre sous la lumière dorée du soleil alsacien.

Une curiosité frappe immédiatement le visiteur : une seule flèche, là où la quasi-totalité des cathédrales en arborent deux. Le projet initial en prévoyait bien une seconde, mais les finances et les doutes sur la solidité de la tour sud ont mis fin à l’ambition. Victor Hugo, qui ne mâchait pas ses mots, la qualifiait de « prodige du gigantesque et du délicat ». On comprend pourquoi en levant les yeux sur la façade sculptée.

À l’intérieur, deux merveilles méritent une attention distincte. Le Pilier des Anges représente le Jugement dernier avec une finesse gothique saisissante. L’horloge astronomique, datant de 1574 et entièrement restaurée au XIXe siècle, offre chaque jour le spectacle du défilé des Apôtres : film présenté à midi, défilé à 12h30 (entrée à 11h45, billet à 4 euros, fermé le dimanche et les jours fériés).

Tarifs et horaires de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg
Accès Horaires Tarif
Entrée cathédrale (gratuite) 8h45 à 12h / 14h à 17h30 Gratuit
Plateforme (été : 1er avril au 30 septembre) 9h30 à 13h / 13h30 à 20h (dernière montée 19h15) 8 € / 5 € réduit
Plateforme (hiver : 1er octobre au 31 mars) 10h à 13h / 13h30 à 18h (dernière montée 17h15) 8 € / 5 € réduit
Défilé des Apôtres (horloge astronomique) Entrée 11h45, film 12h, défilé 12h30 4 €

La Petite France et les Ponts Couverts, cœur médiéval de la ville

Le nom intrigue toujours les premiers visiteurs. La Réduite France ne doit pas son appellation à un élan patriotique : au XVe siècle, un hôpital militaire soignait dans ce secteur les soldats atteints de la syphilis, alors surnommée « le mal français ». Les Strasbourgeois ont gardé ce surnom avec un sens de l’humour assez sec. Aujourd’hui, ce quartier classé à l’UNESCO concentre les maisons à colombages et les ruelles pavées des XVIe et XVIIe siècles les plus photogéniques de la ville.

Au XVIe siècle, tanneurs, meuniers et pêcheurs y travaillaient. Les greniers ventilés visibles sur les toits de certaines maisons servaient au séchage des peaux. La Maison des Tanneurs, probablement la façade la plus photographiée de Strasbourg, en témoigne encore. Flâner dans ces ruelles le matin, avant l’afflux touristique, reste une expérience à part.

Les Ponts Couverts, construits entre 1230 et 1250, forment un ensemble de trois ponts et de tours fortifiées enjambant l’Ill sur 230 mètres. Classés monuments historiques depuis 1928, ils comptaient à l’origine cinq tours. Leur toiture a disparu au XIXe siècle, mais le nom est resté. Juste derrière, le Barrage Vauban, ouvrage de défense de la fin du XVIIe siècle, possède une terrasse panoramique au sommet qui offre l’un des points de vue les plus agréables sur les canaux et les méandres de la rivière.

Les places emblématiques et le Palais Rohan

La place Kléber est le centre nerveux de Strasbourg. Commerces, cafés et bâtiments historiques la bordent, tandis qu’en son centre trône la statue du général Kléber, héros des guerres révolutionnaires, sculptée par Philippe Grass. Ce que peu de passants savent : la dépouille de Kléber, assassiné en 1800, repose dans un caveau sous la sculpture. Le week-end, des bouquinistes s’installent devant la librairie Kléber, et l’ambiance prend une couleur particulière.

À deux pas, la place Broglie et ses façades classiques abritent l’Opéra de Strasbourg et l’Hôtel de ville. C’est ici que Rouget de Lisle interpréta la Marseillaise pour la première fois en 1792. La place Gutenberg, dont l’origine remonterait au XIe siècle, rend hommage à Johannes Gutenberg, l’inventeur de l’imprimerie qui vécut à Strasbourg au XVe siècle avant de s’installer à Mayence. Un vieux manège tourne encore près de la statue de bronze, au vaste bonheur des enfants.

Le Palais Rohan, inauguré en 1742 après dix ans de travaux, longe l’Ill à deux pas de la cathédrale. Cet édifice classique du XVIIIe siècle, construit pour les princes-évêques, abrite trois collections majeures : le musée archéologique en sous-sol (préhistoire au Moyen Âge), le musée des Beaux-Arts avec des peintures de Botticelli, Goya, Rubens, El Greco et Van Dyck, et le musée des Arts décoratifs couvrant la période 1681 à 1870, ouvert tous les jours sauf le mardi.

Quartiers à analyser et balades essentielles à Strasbourg

La Grande Île et la Neustadt, entre patrimoine UNESCO et architecture impériale

La Grande Île, entourée par les bras de l’Ill, concentre l’essentiel du patrimoine historique de la ville. On y trouve spécialement la Maison Kammerzell, construite en 1571 dans le style Renaissance au n° 16 place de la cathédrale. Son rez-de-chaussée en pierre contraste avec les étages supérieurs en bois sculpté : une façade qui ressemble presque à un bateau pirate selon certains. C’est l’une des maisons à colombages les plus photographiées de toute l’Alsace.

La Neustadt, classée à l’UNESCO depuis juillet 2017, raconte une autre histoire. Ancien quartier impérial allemand, son architecture néo-prussienne et post-haussmannienne donne le sentiment de marcher dans deux villes superposées. L’avenue de la Liberté mélange styles historiciste et néogothique, avec des façades Art Nouveau qui surprennent au détour d’une rue. Le Palais du Rhin, de style néo-renaissance germanique, fait face au Palais Universitaire conçu comme un temple du savoir.

La Bibliothèque Nationale et Universitaire (BNU) mérite un détour : avec 3 millions de documents, c’est la deuxième bibliothèque de France par le nombre d’ouvrages conservés. Son escalier géométrique, visible depuis l’accueil en regardant vers la verrière, est d’une élégance rare. Le quartier de la Krutenau, au sud, tranche avec la solennité de la Neustadt : ambiance étudiante, bars animés, galeries d’art et rues étroites où l’on aime traîner le soir.

Le quartier européen et le Parcours d’Europe

751 députés représentant plus de 500 millions de citoyens siègent au Parlement européen de Strasbourg, dont le siège remonte à mars 1958. La visite est gratuite toute l’année, sauf le dimanche et pendant les sessions parlementaires, sans réservation préalable. On peut découvrir l’hémicycle, le Parlamentarium Simone Veil et même assister aux sessions plénières. La structure particulière du bâtiment, qui évoque une Europe en construction, frappe au premier regard.

Le Conseil de l’Europe, présent depuis 1977, regroupe 47 États membres et représente plus de 800 millions d’Européens. Des visites gratuites sur réservation permettent d’examiner ses espaces. Pour une stratégie plus autonome, le Parcours d’Europe propose un itinéraire touristique de 2,5 km ponctué de 9 étapes : le Lieu d’Europe, l’Agora, la Cour européenne des droits de l’homme, le Conseil de l’Europe, le Médiateur européen, ARTE, le Parlement européen, le Centre européen de la Jeunesse et la Pharmacopée européenne. Des panneaux, puzzles et installations ludiques rythment le circuit.

Les balades en plein air et les croisières sur l’Ill

Le Parc de l’Orangerie, plus ancien parc de la ville avec ses 26 hectares, offre une vraie pause nature à proximité du quartier européen. On y trouve 3 000 arbres, un petit zoo, des barques sur le lac, une mini-ferme et des aires de jeux pour les enfants. Les cigognes, symbole de l’Alsace, nichent dans les arbres : un spectacle que les petits comme les grands apprécient.

Le Jardin des Deux Rives est un parc transfrontalier de 150 hectares reliant Strasbourg à Kehl, en Allemagne, via une passerelle suspendue pour cyclistes et piétons. Un centre équestre et une école de cirque y sont installés. Le Parc de la Citadelle, tracé sur l’ancienne citadelle dessinée par Vauban, garde des vestiges visibles et offre de nombreux chemins agréables pour flâner au calme.

Pour une perspective inédite sur la ville, la croisière sur l’Ill avec la compagnie Batorama est indispensable. Embarquement place du Marché aux Poissons, à seulement 150 mètres de la cathédrale. Les audioguides sont disponibles en plusieurs langues, en version adulte et enfant. Des croisières festives sont proposées toute l’année, avec repas, apéritifs ou illuminations nocturnes en période de fêtes.

Bateau touristique sur l'Ill à Strasbourg avec cathédrale illuminée

Musées à visiter et gastronomie à découvrir à Strasbourg

Les musées immanquables pour tous les goûts

Le Musée Alsacien rassemble 50 000 œuvres et objets dans d’anciennes demeures strasbourgeoises reliées par des escaliers et des coursives en bois. Il plonge dans les traditions, l’artisanat et la vie quotidienne de l’Alsace avec une profondeur rare. Attention : le musée est en travaux en 2025 et 2026. Mieux vaut vérifier la date de réouverture avant de planifier votre visite.

Le Musée de l’Œuvre Notre-Dame et ses 40 salles consacrées à l’art strasbourgeois de l’époque romane jusqu’en 1681 ravira les passionnés d’art médiéval. Sculptures gothiques, dessins d’architecture, boiseries : une collection d’une densité remarquable. Le MAMCS (Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg), dessiné par l’architecte parisien Adrien Fainsilber et ouvert en 1998, abrite 6 000 œuvres modernes et contemporaines avec des travaux de Monet, Picasso, Kandinsky et Brauner, une collection photographique de 4 000 œuvres et un cabinet de 15 000 dessins et estampes.

  • Musée Tomi Ungerer (2 avenue de la Marseillaise) : plus de 14 000 dessins du célèbre illustrateur alsacien, des histoires pour enfants aux œuvres satiriques et publicitaires.
  • Musée Historique de Strasbourg : 1 650 objets dont un plan-relief de la ville datant de 1727, installé dans l’ancienne Large Boucherie.
  • Le Vaisseau : musée interactif pensé pour les enfants, avec des expositions à manipuler en famille.
  • Planétarium du Jardin des sciences : une immersion à 360° dans l’univers.
  • Musée Zoologique : rouvert en septembre 2025 après rénovation, avec un parcours interactif autour de la diversité du vivant.

Églises et lieux de culte remarquables

L’Église Saint-Thomas, fondée au VIIe siècle, est le lieu de culte le plus ancien de Strasbourg avec la cathédrale. Elle abrite le tombeau du Maréchal de Saxe, un mausolée baroque spectaculaire signé Pigalle, et un orgue de 1740 sur lequel Mozart a joué. Entrée gratuite hors offices. L’Église Réformée Saint-Paul, construite à la fin du XIXe siècle pour la garnison allemande, se démarque par ses deux flèches élancées de 76 mètres au bord de l’Ill. L’Église protestante Saint-Pierre-le-Jeune, place Saint-Pierre-le-Jeune, mêle cloître roman, jubé gothique, chœur baroque et fresques néo-gothiques : un condensé d’histoire architecturale en un seul bâtiment.

La gastronomie alsacienne, un indispensable de la visite

La tarte flambée (flammekueche) règne sur les tables strasbourgeoises. Fine pâte croustillante, crème fraîche, oignons émincés, lardons : on la déguste dans une winstub, l’auberge typique alsacienne. La Binchstub, au 6 rue du Tonnelet rouge, est une bonne adresse. Le baeckeoffe, mijoté lentement avec trois viandes marinées (agneau, bœuf, porc) et du vin blanc, dont chaque viande représenterait une religion, se savoure au Cruchon (11 rue des Pucelles), au Pont Corbeau (21 quai Saint-Nicolas) ou au Clou (3 rue du Chaudron).

Quelques adresses pour manger à Strasbourg
Restaurant Spécialité Adresse
Aux Armes de Strasbourg Plats traditionnels alsaciens 9 place Gutenberg
La Fignette Flamms et spécialités locales 5 rue de la Vignette
La Binchstub Tarte flambée, winstub 6 rue du Tonnelet rouge
Le Cruchon Baeckeoffe 11 rue des Pucelles

Le kougelhopf, avec sa forme de couronne cannelée et sa pâte levée enrichie d’amandes et de raisins secs, se déguste au compact-déjeuner ou au goûter. Les bredeles, petits biscuits traditionnels de Noël, se découvrent idéalement au Christkindelsmärik, le marché de Noël de Strasbourg. Fondé en 1570, c’est l’un des plus anciens d’Europe. Plus de 300 chalets envahissent les places et ruelles du centre-ville chaque hiver, et le grand sapin de 30 mètres dresse sa silhouette illuminée sur la place Kléber jusqu’au 30 décembre. Les vins d’Alsace (Riesling, Gewurztraminer) et le vin chaud (Glühwein) font partie du rituel.

  • Place Broglie : cœur du marché de Noël historique, avec ses façades classiques illuminées.
  • Place Gutenberg : manège pour les enfants, stands de bredeles et d’artisanat local.
  • Place Kléber : grand sapin de 30 mètres, ambiance festive et concerts jusqu’au 30 décembre.

Préparer sa visite à Strasbourg : transports, saisons et excursions autour de la ville

Paris à Strasbourg en 1h50 en TGV : la gare est en plein centre-ville, à quelques minutes à pied de la cathédrale. En voiture, l’autoroute A4 dessert immédiatement la ville. Pour le stationnement, les parkings relais (P+R) permettent de laisser sa voiture à 4,20 euros la journée, avec un ticket tramway illimité inclus pour tous les passagers du véhicule. Pour un week-end, comptez 14,40 euros. Le tramway et le vélo restent les modes de déplacement les plus pratiques en centre-ville. La location de vélos via VéloHop est abordable 7j/7 et 24h/24, à 7 euros par jour.

La meilleure période pour visiter Strasbourg s’étend d’avril à octobre. Les températures oscillent entre 6° et 26° sur l’année. Le mardi et le mercredi sont les jours les plus calmes, le samedi le plus fréquenté. Pour le marché de Noël, réservez votre hébergement des semaines à l’avance : en décembre, les hôtels du centre affichent complet très tôt.

  • Ribeauvillé et Hunspach : villages alsaciens à environ 1 heure de route, avec remparts et maisons à colombages.
  • Riquewihr et Kaysersberg : vignobles, dégustation de Riesling et architecture médiévale préservée.
  • Obernai (ville de Sainte-Odile), Eguisheim et Mittelbergheim : parmi les plus beaux villages d’Alsace, accessibles en une journée.

Une demi-journée sur la Route des Vins d’Alsace suffit parfois pour comprendre pourquoi la région attire autant. Et si la curiosité pousse encore plus loin, Kehl, la ville allemande voisine accessible à pied via la passerelle du Jardin des Deux Rives, rappelle que Strasbourg n’est pas seulement une capitale française. C’est une frontière vivante, un point de rencontre entre deux cultures. La meilleure façon de le ressentir ? Y passer un week-end, de préférence un mardi ou un mercredi, quand la ville respire à son propre rythme.

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