la mosquée en face de l'embarcadère du ferry à Ketapang près du Kawah Ijen

Après quelques aventures à Bali, j’accoste enfin sur l’île la plus peuplée d’Indonésie, Java. Je suis attendu par Chung, un ancien mineur qui va me faire découvrir les alentours  du volcan Kawah Ijen…

Le village des porteurs de soufre

Le bateau arrive enfin à Ketapang, le principal port de l’est de Java.

Lorsque nous posons le pied sur la terre ferme, le chant des muezzins nous accueille.  Il y a des mosquées tout autour de nous, le contraste est saisissant avec Bali. En franchissant simplement un bras de mer, on change d’atmosphère…

Nous allons à la rencontre d’un warung, le Street Food d’ici, le temps que notre guide arrive.

La cuisine est spartiate, le sol en terre battue, ça paye pas de mine, mais les cuisiniers ; un papi et une mamie,  nous accueillent, avec un grand sourire….

La grand-mère me ramène un Soto Ayam (une soupe de poulet) dans une jolie vaisselle en porcelaine, le plat est délicieux. Que demander de plus ?

le soto ayam, plat traditionnel indonésien

Nous dévorons chacun notre plat avec enthousiasme, tout ça arrosé au coca d’ici. Première différence avec Bali, c’est beaucoup moins cher. Pour ce très bon repas, nous payons 30 000 Rp, soit 1€ par personne…  

Notre guide arrive et me contacte sur mon téléphone, on se retrouve près du garage en face de l’embarcadère du ferry.

une cuisine spartiate à Ketapang près du Kawah Ijen

Je souhaite découvrir le volcan Kawah Ijen. Au sein de son cratère, tu peux découvrir 3 choses qui le rend unique au monde. Le lac le plus acide de la planète, des flammes bleues au milieu de la nuit mais surtout les porteurs de soufre.

Je ne prends jamais de guide d’habitude mais j’ai voulu faire une exception. Chung, la personne qui va me faire découvrir ce lieu magique, est un ancien mineur.  Son village n’est autre que le repaire de ces travailleurs de l’extrême.

 Je vais pouvoir partager un peu la vie des mineurs et découvrir ce volcan que Nicolas Hulot a popularisé à la fin des années 90 avec son émission, Ushuaïa Nature. Grâce à lui, les mineurs peuvent un peu améliorer leurs conditions de vie avec le tourisme, essentiellement francophone.

Pour ce premier jour, nous allons découvrir les alentours du village, partager un repas puis naturellement dormir. L’ascension du volcan se fera de nuit pour découvrir le phénomène des flammes bleutées.

Nous sommes à bord d’un gros 4x4 piloté par l’ami de Chung. Notre guide le surnomme « l’Italian Man » car  sa casquette lui donne des airs de pilote de course.  Il s’exprime difficilement en anglais mais on arrive à se comprendre. En tout cas, le surnom va rester !

Première surprise, Chung commence à nous parler dans un français très correct. Il adore Paris, tellement que la langue française l’obsède. La preuve, Brendan essaye de parler avec lui en Indonésien et il fait mine de ne pas comprendre ! Pour une fois que je ne me retrouve pas sur le carreau car je ne parle pas bahasa

On s’éloigne de Ketapang, qui est à la périphérie de Banyuwangi. Le paysage urbain s’efface, la route monte en direction des montagnes. Les nids-de-poules se font plus fréquents, je n’arrête pas de bondir au-dessus de mon siège. Chung se moque de moi car je n’ai pas l’habitude. Enfin, notre véhicule s’arrête dans un nouveau décor de film.

Le village des mineurs du Kawah Ijen.  Une mosquée à la toiture verte surplombe une rizière. Les maisons de briques et en bambou complètent la scène.

Là, des femmes sont assises en cercle, à l’ombre d’une terrasse. Les enfants jouent sur l’unique route en terre battue qui traverse le hameau.

En nous voyant arriver, ils se précipitent vers nous avec des cris et des rires. Une petite fille me tire la langue.  Je retrouve la même insouciance que j’ai pu observer au nord-ouest de Bali.  Bref loin de notre société, ancrée sur son smartphone…

une petite Javanaise du village des mineurs du Kawah Ijen me tire la langue

On va loger chez le frère de notre guide. Pour accéder à notre chambre, nous devons gravir une échelle qui mène à une mezzanine en bambou.

À priori, je vais partager mon pieu avec Brendan… on fera avec hein.

Je vais aussi inaugurer pour la première fois, des toilettes à la turc ( ps: ceci est une traduction française, si tu dis “turkish toilet”, on va se foutre de toi, non je ne te dirai pas comment j’ai appris ça ). Mais des vraies hein, avec une bassine d’eau sans papier toilette. Oui oui oui tu as bien lu…

En bas de la maison, il y a un tableau pour les habitants du village. Dessus, des phrases indonésiennes traduites phonétiquement en français !

C’est une super idée. Les enfants doivent être d’accord avec nous parce qu’ils essayent de nous parler mais sans succès pour le moment.

Sur le mur, plusieurs photos attirent mon attention. Mais oui, je retrouve bien les blogueurs qui m’ont fait découvrir le lieu ! Peut-être que tu verras les miennes aussi !

Chung revient nous chercher pour partir à la découverte des environs.

Les alentours du volcan Kawah Ijen

On s’arrête près d’une rizière, on le suit en essayant d’écraser le moins possible le riz. Là il nous prévient: « il y a des serpents ici, méfiance ! » Devant notre mine déconfite il essaye de nous rassurer.

« Il ne faut pas avoir peur de ceux aux écailles vertes, ils auront plus peur de toi que l’inverse… »

Je ne risque rien alors tant mieux. Ah mais il faut faire attention au grand cobra par contre ?!

 Je me retrouve maintenant les pompes dans l’eau, à scruter le moindre grain de riz suspect…

rizières et palmiers à proximité du village des porteurs de soufre du Kawah Ijen
mon guide du Kawah Ijen, Chung, coupe une noix de coco à la machette

À coté de la rizière, se trouve un bosquet. Là, Chung nous montre de drôles petits fruits rouge, tout ronds qu’il ouvre pour nous faire goûter. Le goût est très acide et sucré, c’est délicieux. Il s’agit des fruits de la passion javanais. Je n’aurais jamais imaginer que ça ressemble à ça !

Puis avec un grand sourire, notre guide sort sa longue machette se dirige vers nous et… s’empare d’une noix de coco à scalper. Les coups de lame pleuvent sur le pauvre fruit. En moins de 30 secondes la noix de coco est prête à être déguster. Il nous montre comment faire.  Brendan se charge d’ouvrir une nouvelle… si faire de la charpie ça compte hein.

Mais le jus frais de la coco, c’est tellement bon. Rien à voir avec ce que l’on peut trouver dans nos briquettes pour faire la cuisine.  Des gouttes de sueur coulent dans ma nuque, je frissonne de plaisir en buvant le jus. Ici, il fait 35° et on a l’impression qu’elle sort du frigo.

On reprend le 4x4 pour s’aventurer sur la route des plantations. On arrive près d’un grand portique d’une propriété de clous de girofle. On n’a pas vraiment le droit d’y rentrer. C’est une exploitation chinoise ( on s’aperçoit qu’ils possèdent tout ici).

une plantation de clous de girofle près du Kawah Ijen à Java

Discrètement, pendant que l’Italian man fait le guet, on se faufile sur le côté pour aller sentir ces fameux clous de girofle. De vrais cambrioleurs…
Chung met un doigt sur ses lèvres pour demander le silence et avance accroupi, pour arriver aux fameuses plantes au péril de notre vie, retenant notre souffle à chaque moto passant à côté du chemin et… bon en vrai on a fait 10 mètres mais on est des aventuriers hein.

Alors le clou de girofle, ce fameux clou. Une odeur puissante, en bouche ça explose et pique un peu. C’est génial de découvrir  tout ça !

On remonte dans notre véhicule. Nous roulons  à toute allure sur la piste dans un nuage de poussière. Les plantations de café défilent, on dépasse de jeunes couples enlacés au bord de la route. Selon Chung, c’est LE coin romantique pour un rencard à Ketapang. Tous les amoureux s’y retrouvent le soir.

On s’arrête pour goûter le café d’ici, enfin sucer des grains de café.  Jamais tu ne pourras le goûter chez nous en Europe. C’est le café des locaux celui des pauvres d’après les exploitants d’ici.  Son nom ?  Le café Salsa. On le boit en le mélangeant avec de la cannelle et du gingembre. C’est super bon et je ne comprends pas pourquoi ce n’est pas exportable…
Aussi, Chung nous montre une drôle de petite plante qui “se défend”. En approchant la flamme de son briquet vers l’une de ses feuilles, cette dernière se replie aussitôt et toutes les autres suivent. C’est super étonnant de voir ça. Quelques minutes plus tard, les feuilles s‘ouvrent à nouveau, on appelle ça une plante sensitive.

Avant de retourner chez lui, Chung nous réserve une dernière surprise. On s’arrête dans un autre village. Sous le regard  intrigué des villageois, notre guide nous entraîne entre deux maisons où se tient un escalier qui descend plus bas dans la jungle.

Arrivés en bas, une  clairière abrite une petite merveille. En face de moi, la jungle me surplombe depuis une falaise. Une chute d’eau s’y extirpe pour se jeter plus bas, dans un bassin naturel à quelques mètres de nous.

Bien sûr avec cette chaleur, on est tenté de s’y baigner. Chung nous lance le défi. L’eau est à moins de 20 degrés. Pour lui impossible que l’on réussisse à mettre la tête sous l’eau.  Brendan et moi échangeons un regard amusé. Moins de 20 degrés, une épreuve ?  Il faut le prévenir que les Bretons ont des super pouvoirs. Allez à poil… en maillot pardon !

Première fois que je me glisse sous une chute d’eau de ma vie. Je peux en tirer deux conclusions. La première, on peut se faire masser le dos. C’est un peu hard mais agréable. La deuxième, il n’y a pas de passage secret ou de grotte avec un trésor dedans derrière. Indiana Jones est un menteur, je suis h-y-p-e-r déçu.

baignade sous une chute d'eau près du Kawah Ijen en Indonésie

Une fois sec, nous revoilà reparti vers notre village. On passe par un hameau où les enfants jouent dans les arbres à en récupérer les fruits. Et là des chèvres nous regardent debout sur des petites maisons en tôle.

La vie d’un ancien mineur

Sitôt arrivé, nous allons boire le café Salsa chez notre guide qui nous conte son histoire.

Adolescent, il bossait à la mine comme ses amis et sa famille. Il portait des blocs de 70kg de soufre ( son père c’était jusqu’à 100 kg ! ) à chaque remontée. Bref tout ça pour pas grand chose. Il nous parle de la corruption des Chinois qui essayent de s’accaparer tout le marché du soufre.

Pour rappel, le Kawah Ijen est la première source mondiale de cette matière première. Tes produits cosmétiques ont sûrement une petite part de ce volcan en eux. Pour se sortir de la pauvreté, Chung apprend le français tous les jours depuis le reportage d’Ushuaia Nature.

Le but ? Devenir un guide incontournable pour ramener plus d’argent à la maison. Cela lui permet notamment d’aider sa sœur d’étudier à l’université. C’est la même chose pour fonder une famille. Si tu n’as pas d’argent, tu n’auras pas de femme.

Le plus fou, c’est que les mineurs sont une “caste” privilégiée au niveau de la paye dans ce coin d’Indonésie. Pourtant, ils vivent dans un petit village isolé, à plusieurs dans une même pièce pour dormir.

Le bon côté des choses c’est qu’il touche 200 000 Rp par tour, l’équivalent d’une journée de travail d’un mineur classique sans les inconvénients du métier le plus difficile au monde. Mais bon lorsque l’on voit ce que nous on paye, très peu retombe dans sa poche…

Après cette histoire, on part manger des rognons (perso je trouve ça mauvais) puis direction la chambre. Elle est remplie de Geckos. C’est difficile de dormir avec leurs cris si spécifiques. On peut entendre “fuck you » toutes les 5 minutes.  C’est super marrant mais à 22h, il me faut trouver le sommeil.

Cette nuit je pars découvrir le Kawah Ijen !

Les alentours du Kawah Ijen sont très beau. L’idée de séjourner dans le village des mineurs est pour moi très importante. Ce « tourisme équitable » permet de comprendre leur quotidien. Je conseille toujours d’y aller hors-saison, nous étions les seules personnes dans le village et c’était génial. Mes amis viennent d’y aller en août et il y avait beaucoup de monde, donc l’ambiance devait être très différente.  En complément je conseille l’article d’Arte qui parle du village ici ( même si je n’ai pas vu d’auberge de jeunesse).  

Et toi,  es-tu déjà allé au Kawah Ijen ? 

Informations pratiques

Ijen Miner Tour

Choisi le tour « blue flammes » et surtout demande Chung comme guide ! Compte 40€/pers.

Comment venir ?

Prend le ferry depuis Gilimanuk pour accoster à Ketapang. Chung doit t’appeler sur ton portable !

Où dormir ?

Hôtel Blambangan à Banyuwangi pour se reposer après ce trip.  Un vrai kiff avant Sukamade !

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Merci ! Tu peux télécharger ton bonus maintenant 🙂

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QUI SUIS-JE ?

hugues_a_propos_vivreuneaventure   Hugues, jeune breton expatrié sur Paris. J’aime les crêpes et l’aventure !